Question posée le : 30/09/2009
Didier Lombard sera-t-il encore PDG de France Télécom dans quelques jours ?
Depuis plusieurs mois, France Télécom subit un certain nombre de tragédie. Plus de 20 suicides directement imputés (*) au management interne de l'entreprise. Après le dernier cas, la démission de son PDG est posée par plusieurs parties (Opposition parlementaire,
Extraits : "Le PS et le PC (qui ont demandé respectivement une mission et une enquête parlementaire), le NPA d'Olivier Besancenot et des syndicats ont réclamé, hier, à l'unisson, la démission de Didier Lombard. Le PDG de France Télécom et son directeur général adjoint, Louis-Pierre Wenes, sont appelés à « assumer leurs responsabilités » dans la crise actuelle." - Ouest France du 30/09/09 (http://www.ouest-france.fr/actu/economie Det_-Le-PDG-de-France-Telecom-sur-la-sel lette-_3634-1086455_actu.Htm)
Le PDG d'une entreprise est le symbole de la chaine décisionnelle... Certes, mais les actionnaires sont ils absous de toute responsabilité ? L'Etat détient encore presque 26% des parts...
Rappel (Wikipedia - http://fr.wikipedia.org/wiki/France_T%C3 %A9l%C3%A9com) :
- Actionnaires institutionnels : 64,3 %
- État Français (dont ERAP) : 26,7 %
- Actionnaires individuels : 5,0 %
- Salariés : 3,7 %
- Auto-détention : 0,4 %
Qui "doit sauter" ? N'est ce pas le reflet plus clair d'un malaise plus profond d'une volonté de management à la dure, basée sur une stratégie agressive, éloignée des aspirations de la majorité des salariés (**) ? Peut on manager sans les principaux intéressés ? L'intéressement financier suffit il à faire passer les contraintes trop fortes ?
Qu'en pensez vous ? Le modèle coopératif pourrait il tomber dans ce travers ?
(*) : Selon les courriers laissés par les salariés se suicidant...
(**) : Et dans une proportion probablement forte, des salariés de l'époque "France télécom publique" ?

Je répondrais sur votre interrogation quant à la gestion au sein d'un modèle coopératif. En ce qui concerne les SCOP, par exemple, les salariés coopérateurs sont majoritaires dans le capital social et donc dans le pouvoir décisionnaire (1 homme = 1 voix). Ils ne peuvent donc se voir imposer un modèle de management qu'ils rejettent par nature. De plus, la direction est élue par les salariés selon le même principe. Je pense donc qu'elle serait desservie en cas de désaccord profond par ses salariés décisionnaires.
Aujourd'hui, les directions de structures capitalistes sont propulsées par le conseil d'administration qui lui donnent tous pouvoirs sans demander l'avis de ceux qui créent la richesse de l'entreprise, les salariés. Même si les conditions de travail, de rémunérations... ont évolué dans ces structures, on se rend compte que celles-ci sont encore archaïques dans leur manière de s'organiser. Comment peut-on faire avancer correctement une entreprise si toutes les parties prenantes n'adhèrent pas au projet d'entreprise et plus ?(manque de reconnaissance, mauvaise rémunération, management par la peur et le stress à coup d'objectifs individuels...).
Même si le modèle coopératif n'est probablement pas dénué d'imperfections, je pense qu'il contrebalance efficacement les travers et débordements des structures uniquement voués au profit.