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Question posée le : 08/02/2011

La voile, la pêche, 4e… Ne faudrait-il pas remplacer "description" par "développement" dans votre formulaire ?

L'idée passe pour inimaginable, il suffit de la poser à un pêcheur. Pourtant cette solution n'est pas plus inimaginable que ne pouvait le paraître, il y a une trentaine d'années, la perspective du déclin de la pêche professionnelle tel que nous le vivons. Les flottilles disparaissent, les criées ferment, les fournisseurs de carburant aux pêcheurs subissent de plus en plus d'impayés. Les quelques expériences n'ont jamais été plus loin que les essais de voilure auxiliaire de route, le moteur restant l'énergie pêchante.
Le lancement de bateaux de pêche modernes mais ayant la voile comme énergie principale, aussi bien en route qu'en action de pêche, aurait plusieurs avantages déterminants :
- Une économie radicale de carburant ;
– une préservation "naturelle" de la ressource et des fonds* ;
- une revalorisation des métiers embarqués de la pêche ;
- une obligation de restructurer parallèlement la filière pêche ** ;
- un modèle pour un essaimage ailleurs en Europe, dans le monde et, à terme, une obligation légale ***.

* Quel que soit le métier, lignes traînantes, de fond, filets dérivants, tournants, chaluts divers, etc, les quantités pêchées seront plus faibles, surtout dans un premier temps, le temps que le savoir-faire revienne. Mais on a longtemps chaluté à la voile… Les langoustines ou les St Jacques ne disparaîtront pas des étals ! Et toutes les pêches sont parfaitement compatibles avec la propulsion vélique, les aînés l'ont largement prouvé malgré des bateaux lourds et des gréements antiques.

** La filière pêche, comme la filière bovine et d'autres, a vu depuis cinquante ans l'écart se creuser constamment entre le prix payé au producteur et le prix de vente final. La pêche à la voile serait une occasion pour revenir à la raison, supprimer les intermédiaires inutiles et payer enfin au pêcheur au moins le tiers du prix public du poisson. Inimaginable si on ne touche à rien dans le circuit, bien sûr. Il y aura du grabuge, du chantage à l'emploi dans les entreprises de mareyage, etc, mais en même temps, des emplois se créeront à bord, puisque la voile a besoin de bras.

*** On a bien été capable de faire appliquer un moratoire sur la chasse à la baleine, à l'éléphant, etc. Pourquoi ne pas imaginer un recyclage progressif et obligatoire des flottilles mondiales. Entre autres conséquences bénéfiques, cela redonnerait pour une fois un avantage concurrentiel aux pays pauvres, où ces savoir-faire sont moins oubliés, et qui savent encore partir le matin avec la brise de terre et rentrer après midi avec la brise de mer. Incidemment, les pirates de Somalie pourront reprendre la pêche (dont ils ont été spoliés par les navires usines qui venaient draguer leur côte).

Avantage anecdotique mais qui me fait personnellement plaisir : ça ne me fera pas que des amis, mais je pense que le retour à la voile rendra la pêche aux marins, aux gens de mer, à ceux qui savent manœuvrer. J'ai trop vu de paysans malmener leurs pêche-arrière comme des tracteurs. Quand à nouveau il faudra labourer à côté du cheval, il faudra un peu plus écouter, regarder… réfléchir.

 

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