Question posée le : 01/04/2009
Peut-on traduire "social business" par économie sociale (et solidaire) ?
Avant de répondre, lisez, entre autres, ceci:
http://www.lemonde.fr/economie/article/2 009/03/23/les-exclus-du-systeme-un-poten tiel-de-croissance-neglige_1171347_3234. html
Réponses :
| Réponse publiée le 09/04/2009 par : ale.soleil | Note: 0 |
Deux réactions de ma part:
1. je ne suis pas sure que maintenant le statut (coopératif ou mutualiste) soit une garantie de revendication de changement social... les exemples des grandes banques françaises sont plutot évident à ce niveau. Et je ne parle pas d'éventuelles entrées en bourse, mais du fonctionnement pas forcément démocratique qui les caractérise (trop de représentativité ne tue pas la participation?!) et du fait qu'il faut ne faut pas forcément etre adhérent/sociétaires pour y travailer. Mais, ça d'autres débats!
En ce qui concerne l'économie solidaire, cf la pesnée de Viveret... et tu nuancera peut-etre un peu ton avis!
2. je ne voulais pas susciter le débat économie sociale vs économie solidaire, en tout cas. Mais je me et vous demandais se diriger "vers un nouveau capitalisme" (cf. dernier bouquin de Mohamed Yunus) ne serait la nouvelle destination d'un mouvement, philosophique et opérationnel en meme temps, que je croyais viser plutot une "nouvelle forme d'économie". Carrément!
| Réponse publiée le 09/04/2009 par : ale.soleil | Note: 0 |
Deux réactions de ma part:
1. je ne suis pas sure que maintenant le statut (coopératif ou mutualiste) soit une garantie de revendication de changement social... les exemples des grandes banques françaises sont plutot évident à ce niveau. Et je ne parle pas d'éventuelles entrées en bourse, mais du fonctionnement pas forcément démocratique qui les caractérise (trop de représentativité ne tue pas la participation?!) et du fait qu'il faut ne faut pas forcément etre adhérent/sociétaires pour y travailer. Mais, ça d'autres débats!
En ce qui concerne l'économie solidaire, cf la pesnée de Viveret... et tu nuancera peut-etre un peu ton avis!
2. je ne voulais pas susciter le débat économie sociale vs économie solidaire, en tout cas. Mais je me et vous demandais se diriger "vers un nouveau capitalisme" (cf. dernier bouquin de Mohamed Yunus) ne serait la nouvelle destination d'un mouvement, philosophique et opérationnel en meme temps, que je croyais viser plutot une "nouvelle forme d'économie". Carrément!
| Réponse publiée le 06/04/2009 par : gchocteau | Note: 0 |
Pour ma part, je ne comprends pas cette distinction entre économie sociale et économie solidaire. L'une peut elle être sans l'autre ? Peut on penser social sans solidaire et inversement ? Mais comme dit Sébastien, ce débat est inusable...
Je pense que cette vision de l'économie se base plus sur une vision d'activation des dépenses passives, comme le suggérait en son temps Dominique Strauss Kahn, me semble t il, que d'un aspect, quel qu'il soit, de l'économie sociale.
Oui, il y a une solidarité évidente à réintégrer dans la pensée globale des individus exclus, cela me semble évident, mais cela relève plus d'un système économique appliqué qu'à une philosophie ESS / ES. Pour moi, penser aux plus vulnérables dans une pensée globale économique, c'est plus une question d'apport républicain ou d'apport socialiste que de dire si cela relève ou non de l'économie sociale, voire solidaire.
Guillaume
| Réponse publiée le 06/04/2009 par : sebastien | Note: 0 |
Bonjour,
Il me semble qu'on peut traduire "social business" par "économie solidaire" qui regroupe en France les entreprises d'insertion, les "entreprises solidaires" (nouvelle appellation issue du gouvernement actuel il me semble)... et en fait des entreprises "classiques" dont les fondateurs ont choisi d'orienter leur activité vers "les plus pauvres" (j'en met des guillemets) que ce soit pour leur proposer des produits ou des services ou pour les embaucher dans l'entreprise. Une activité économique qui se met au service des plus démunis. Cette économie solidaire s'adapte au système économique sans forcément revendiquer de changements dans le système, ou sans demander l'intervention de l'état.
L'économie sociale, et attention la frontière est perméable avec la précédente, repose sur une proposition de transformation du capitalisme, en revendiquant un partage du capital entre les salariés, qui deviennent des sociétaires et détiennent à ce titre une part de l'entreprise et surtout une voix égale aux autres, quel qu'ils soient. C'est le principe des mutuelles, des coopératives et sous une autre forme des associations et des fondations (les 4 familles historiques de l'économie sociale). Mais j'insiste sur les mutuelles et les coopératives car leur fonctionnement démocratique, la ré appropriation de leur "outil" de travail par les salariés, l'inscription dans les statuts et le fonctionnement du caractère "durable" de l'entreprise, constitue je pense une profonde remise en question de l'économie en général.
Bon après, il y a débat sur ce que je viens de dire, mais le débat, c'est un sport apprécié dans l'ESS ;-)

Vous avez raison, et mon idée n'était pas d'opposer, plutôt d'expliquer un peu l'historique de ces deux tendances solidaire et sociale. L'une plutôt d'origine "libérale" (il faut réformer le système) et l'autre plutôt "sociale" (il faut changer le système).
C'est d'ailleurs le terme de "social business" qui m'a fait réagir. Ca me fait penser à "green business", à "croissance verte", à des termes qui me semblent encore une fois à côté de la plaque face aux défis auxquels nous sommes confrontés (économiques, sociaux et écologiques).
Et puisque tu (ale.soleil) parle de Patrick Viveret, je parlerai aussi de Pierre Rabhi. Quand ils nous proposent la "sobriété heureuse" (Rabhi) ou de devenir des "coopérateurs ludiques" (Viveret), ils ne nous proposent certainement pas une révolution violente (le couteau entre les dents ;-), ni une douce moralisation du capitalisme, mais assurément une profonde transformation de nos modes de vie, et finalement de notre économie, pour revenir à la question...