Article publié le 19/10/09 par MyCoop
Commerçants de proximité: une espèce sous haute protection
[Reporters d’Espoirs pour MyCoop]
Pour certains, ils font déjà partie des vestiges d’une vieille France de carte postale. Confrontés à la spéculation immobilière et à la concurrence acharnée des grandes surfaces, les petits commerces représentent autant de métiers qui risquent de disparaître. Collectivités locales et associations de citoyens en ont pris conscience et se mobilisent de plus en plus pour sauvegarder les activités installées dans leurs quartiers. Retour sur deux initiatives à Paris et Londres.
Coup de pouce aux commerces de proximité
Les Parisiens sont-ils prêts à renoncer au boulanger, boucher, épicier et quincailler du coin ? Non, à en croire la mairie de Paris. En 2004, elle charge la Société d’économie mixte de l’est parisien (Semaest) de la mise en place du programme Vital’Quartier. Objectif : réinstaller des commerces de proximité dans les quartiers où ils sont menacés de disparition et préserver les existants. C’est le cas par exemple du quartier Beaubourg-Temple (3e), où 500 commerces sur 900 étaient des grossistes en 2006. Là-bas et dans dix autres quartiers de la capitale, la Semaest démarche les locaux vides qu’elle rachète pour y installer des commerces de proximité. Elle rachète aussi aux propriétaires, quand ils souhaitent vendre, les locaux occupés par des enseignes de proximité. Ces deux types d’intervention sont possibles grâce aux 91,5 M € dont la Seamest a été dotée par la mairie de Paris et que la société devra rembourser une fois sa mission achevée. Pour ce faire, la Semaest revendra les locaux acquis avec une clause concernant la nature des futurs occupants…histoire de ne pas céder à nouveau la place aux grossistes. Un pari audacieux qui pour l’instant semble donner raison à la mairie de Paris. « A présent, la Semaest a permis l’installation de 62 nouveaux locataires et le renouvellement de 24 locations, détaille Céline Mennesson, responsable de la communication à la Semaest. Au total, cela représente 319 emplois ». Un bilan destiné à s’accroître, vu que 35 locaux sont actuellement en travaux et seront bientôt prêts à accueillir des nouveaux commerçants.
Une carte de fidélité au secours des petits commerces
De l’autre côté de la Manche, les consommateurs n’ont pas attendu les pouvoirs publics. A Londres, Diane Bird, fille du fondateur de The Big Issue, le plus célèbre journal de rue anglais, lance fin 2006 la première carte de fidélité pour petits commerces. « La Wedge Card, à validité annuelle, est vendue aux particuliers dans les commerces membres du réseau et sur notre site web, explique Diane Bird. Son prix s’élève à 10 £ (équivalent à 12 €) : une partie est versée au commerçant, le reste est partagé entre notre fondation et plusieurs associations caritatives locales ». Les clients eux aussi sont gagnants. Grâce à la carte, des achats faits dans tel magasin du réseau donnent droit à une remise dans tel autre magasin. Tout en bénéficiant d’offres et promotions, le client est ainsi incité à découvrir les commerces membres du réseau. « En trois ans, on a diffusé 50 000 cartes, acceptées dans 1 000 commerces à Londres et dans le comté du Kent, précise Diane Bird. Maintenant on lance le dispositif au niveau national ». En attendant, le modèle s’exporte déjà. Cent commerces d’Oslo, la capitale norvégienne, ont créé leur carte et acceptent la Wedge, de même qu’une centaine de commerces en Nouvelle Ecosse (Canada). Le temps est peut-être venu de lancer une carte hexagonale…
Contact:
Céline Mennesson, responsable de la communication à la Semaest - +33 1 43 45 98 98 - www.semaest.fr
http://www.semaest.frDiane Bird, gérant de la société Wedge card - +44 20 74 01 39 13 - www.wedgecard.co.uk


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