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Article publié le 02/05/09 par MyCoop

La logique du "tout gratuit" met-elle en danger la production culturelle?

[Déli Royo pour MyCoop]
Alors que l’idée du tout gratuit gagne de plus en plus de terrain et façonne notre mode de consommation, il nous semble légitime d’interroger le concept, notamment dans le cadre de la production culturelle et artistique.
En effet, est-ce là un modèle envisageable au même titre que celui qui se développe pour l’accès à l’information ?

Tout d’abord il convient de rappeler que ce que l’on consomme de façon gratuite n’est en réalité que la résultante d’une collectivisation des coûts liés a leur production. Les journaux gratuits par exemple ont un modèle économique qui repose sur la vente d’espaces publicitaires dans leurs publications. En tant que lecteur, en achetant les produits ainsi exposés, nous participons donc tous mais de façon indirecte a la production de ces journaux.

De son côté le monde musical a fortement souffert face aux pratiques de téléchargement, le consommateur final bénéficiant d’un accès « gratuit » aux œuvres musicales, sans qu’une contrepartie financière, directe ou indirecte, ne revienne à l’artiste. Pourtant cet accès que nous disons gratuit ne l’est pas vraiment non plus. En effet, pour avoir accès au téléchargement il est nécessaire de posséder un micro-ordinateur, une connexion internet et un support d’écoute. L’industrie du disque a donc inventé et recherché de nouveaux modèles économiques avec par exemple les plateformes de téléchargement légal.

Mais si les nouvelles technologies ont mis à mal les concepts de propriété intellectuelle et de droits d’auteur, des réponses sont recherchées. Par exemple avec l’idée de la mise en place d’une licence globale, sorte de mi chemin entre gratuité et maximisation des profits générés par l’usage de chaque œuvre, puisqu’il s’agirait d’une licence à acquérir permettant l’accès à un ensemble de contenus. En somme le coût n’est plus porté sur l’achat direct et l’utilisation d’une œuvre, mais bien sur l’accès à un ensemble d’œuvres.

Le marché de l’art, le monde du théâtre, l’univers de la danse, etc. font-ils également face à ce dogme du tout gratuit ?  Il est difficile de le dire, tant il existe des différences aussi bien structurelles que matérielles entre ces différents secteurs. Pour autant, il est important de rester vigilant et de choisir des modèles qui permettent à la création culturelle de perdurer en assurant également une juste rétribution à leurs auteurs.

(cc) Panoramas

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