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Article publié le 26/08/11 par MyCoop

<< Je loue ta voiture, tu loues mon costume, on sauve la planète

 

Basée sur l'idée de partage, la « consommation collaborative » est une pratique qui se développe de plus en plus.



« Chèvre pour tondre votre pelouse de manière écologique – location à la journée par couple de deux – 10 euros. » Ceci n'est pas une blague, mais une annonce trouvée sur le site e-loue, où les particuliers pratiquent la « consommation collaborative ».

 

Le concept s'applique à tous les objets que l'on possède et que l'on n'utilise pas tout le temps, ou que l'on n'a pas besoin d'acheter. Comme l'expliquait déjà en 2000 Jeremy Rifkin dans son livre sur l'économie de l'accès (« The Age of Access »), on n'est « pas toujours heureux d'hyperconsommer ».

Du coup :
« La notion de propriété et la barrière entre vous et ce dont vous avez besoin sont dépassées. »


Eco-logique, cette pratique vise à faire du bien à son porte-monnaie tout en en faisant à la planète. La technologie du peer-to-peer permet donc aujourd'hui de partager bien plus que ses fichiers informatiques mais aussi ses biens. Le tout reposant sur la confiance, et sur un nouveau système d'assurance incluse dans la commission versée au site de mise en relation.
« Des produits plus chers mais plus solides »


Sur le site d'e-loue – l'un des poids lourds du secteur avec 100 000 offres à l'instant T – sont proposés, en plus du couple de chèvres, tout type d'objets, de la perceuse (1 à 40 euros par jour) à l'avion (170 euros par jour ).

Alexandre Woog, le fondateur de cette start-up affichant une insolente croissance de « 30% par mois », reconnait qu'il faudrait trois fois plus d'offres pour atteindre une « masse critique » suffisante. Cet HEC sportif de haut niveau vise un virage radical des mentalités :
« Nous sommes pour que les fabricants fassent des produits plus chers mais plus solides et utilisables plus longtemps. Il s'agit de passer à une économie de fonctionnalité. »


Démarché par des entreprises désireuses de mettre en place des politiques de développement durable, comme Shiseido, e-loue commence à vendre sa technologie clés en mains à des communautés. Mais il faut dire que le site est surtout fréquenté par des étudiants ou des militants de la consommation responsable, tendance décroissance.


Tester un sac (de luxe) avant de l'acheter


Marc, étudiant parisien, propose ses consoles de jeux vidéo pour 15 à 20 euros par jour

et amortit ainsi ses investissements en une dizaine de locations, qui sont aussi des occasions de rencontrer des partenaires de jeu. Quand il doit passer un entretien d'embauche, il a désormais le réflexe de louer un costume de marque. Il se « déguise » ainsi pour 30 euros.


Sarah, jeune fashionista de la banlieue parisienne s'est mise à rentabiliser sa garde-robe quand elle était un peu fauchée :

« Je ne voulais pas me séparer de mes sacs de marque. C'est un patrimoine, certains valent plus de 2 000 euros. Alors je les ai loués à des filles qui voulaient les tester avant d'acheter (à 30 euros par jour). J'avais un peu peur, mais il y a une assurance incluse et je suis toujours tombée sur des gens sérieux. »


Fringues, voiture… elle a multiplié les offres, et touche certains mois 300 euros de ses locations. Une somme qu'il n'est pas besoin de déclarer aux impôts tant qu'elle reste faible et ne s'apparente pas à un vrai revenu (l'administration fiscale n'a pas encore de position officielle sur le sujet).


Une voiture reste immobile 90% du temps
La voiture est le fer de lance de la location entre particuliers. Quand on sait que le budget moyen d'une voiture dépasse les 5 500 euros par an, et que les voitures restent stationnées 90% du temps, l'idée de partager ces frais tombe sous le sens. D'autant que les observateurs comme le Groupe Chronos constatent depuis quelques années le passage d'une conception de la « voiture-objet » à la « voiture-service ».

Léa Marzloff, consultante dans cet observatoire des mobilités, explique :

« L'autopartage entre particuliers est un des aspects de ce mouvement de fond. L'idée est d'améliorer la productivité de l'automobile, de faire mieux avec le parc existant. Ca peut passer par le covoiturage, un meilleur taux d'occupation, ou par un meilleur taux d'usage. »
Mais l'autopartage entre particuliers souffre d'un déficit de notoriété et d'une flotte encore trop restreinte. Ces start-ups espèrent qu'à terme 1% des 32 millions d'automobiles se partageront. On en est loin. Pour Léa Marzloff :
« Le principe est évident, la mise en pratique moins, à cause de la question de la confiance. Les gens y croient, comme le montre notre étude réalisée avec TNS Sofres auprès de 7 000 personnes : l'autopartage est perçu comme un modèle d'avenir par 47% des interviewés, contre seulement 18% la voiture personnelle. »


Paulin Dementhon, fondateur de VoitureLib'

il s'efforce de rendre son système « le moins anxiogène possible », avec un contrat prérempli, une check-list prête, un paiement par carte sécurisé … mais pour certains, la relation directe avec son locataire inquiète. Fabien admet que passer le volant de son monospace à un inconnu ne « reste pas évident psychologiquement ». Donc, après avoir fait le tour des sites proposant la location de voiture entre particuliers, il a préféré Livop.

Crée par un ancien loueur traditionnel de voiture, c'est le système qui se met le plus entre le propriétaire et le locataire. Une « Livop box » est installée sur votre véhicule, ce qui permet de le géolocaliser après réservation, et de l'ouvrir sans clé. Cette société a la première obtenue qu'un grand assureur (MMA) adapte ses contrats à ce nouveau service, et revendique « zéro sinistre » depuis sa création.


Une voiture pour un mois à 280 euros

Sans être une menace au secteur de la bagnole, l'autopartage entre particuliers reste une alternative plus conviviale et deux fois moins chère à la location traditionnelle. L'occasion de rencontres aussi. Ainsi, Marie-Christine a entendu parler par hasard d'UneVoitureaLouer, et a voulu essayer. Cette propriétaire d'un hôtel près d'Orléans a loué sa deuxième voiture, « pour s'amuser, pas pour l'argent » :


« Je vais chercher les gens à la gare et je les amène jusqu'à chez moi. Ils sont partis un mois avec ma voiture pour 280 euros. Elle est revenue impeccable. »


Coté locataires, cette flexibilité que permet le rapport à l'amiable est très recherchée. Jean loue fréquemment de grandes voitures pour de grands trajets. Il a essayé Zilok et VoitureLib » et même si les voitures ne sont jamais dernier cri, les propriétaires ont toujours été réglos. Une sept places se monnaie dans les 200 euros pour quatre jours et 1 500 km, et surtout « on peut la rendre à 23 heures, et la caution n'est que de 500 euros ».
Antonin Léonard, animateur du blog de la consommation collaborative, souligne que pour durer, le secteur devra veiller à rester crédible en misant sur la confiance, et donc sur les assurances :


« Car plus ça s'étend, plus ça peut donner des idées à de petits malfrats qui en profiteront pour voler une voiture. Et plus les loueurs traditionnels vont s'inquiéter d'une éventuelle concurrence, comme l'industrie touristique avec la location d'appartements entre particuliers. »


Source : www.rue89.com/planete89/2011/08/18/je-loue-ta-voiture-tu-loues-mon-costume-on-sauve-la-planete-218173


Cc

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