Article publié le 11/11/08 par MyCoop
Environnement : "il faut faire encore plus vite"
[planète Terra]
Le WWF a publié le 29 octobre l’édition 2008 de son rapport Planète vivante [1] en collaboration avec la ZSL [2] et le GFN [3]. À l’aide de plusieurs indicateurs, ce document met en évidence la situation d’urgence dans laquelle se trouve le globe. Eclairages avec Dr Chris Hails, rédacteur en chef du rapport :
Planète Terra : Ce rapport fait état d’une pression croissante de l’humanité sur la planète. La fin du monde serait proche ?
Chris Hails : (rires) Non ! Il est encore temps de faire machine arrière. Nous connaissons les solutions, il faut aujourd’hui se mobiliser, sensibiliser les dirigeants pour changer de direction. Nous sommes certes dans une situation très sérieuse : depuis près de 45 ans, notre rapport à l’environnement ne cesse de se dégrader de plus en plus vite.
Dans les années 1980, nous avons dépassé les capacités de notre planète. Le déclin écologique est aussi un déclin économique, et le déclin de l’humanité si nous n’agissons pas. Cependant il n’est pas trop tard. Il faut faire vite pour enrayer ce rythme. Il ne faut plus attendre. Mais le WWF et moi-même sommes optimistes. Nous pouvons encore nous en sortir.
Vous dites que nous avons dépassé les capacités de la Terre, comment se fait-il que nous soyons encore là ?
L’empreinte écologique [4] montre qu’aujourd’hui nous utilisons environ 1,3 planète, soit 30% de plus que les ressources disponible. Cela signifie que nous coupons les arbres plus vite qu’ils ne poussent, que nous pêchons les poissons plus vite qu’ils ne se reproduisent, que nous polluons l’air plus rapidement qu’il ne se régénère. Nous piochons dans notre "crédit environnemental" en quelque sorte.
Nous vivons une crise écologique comparable à la crise financière ?
Exactement. Nous usons cette réserve comme un particulier utilise son livret d’épargne. Nous nous appauvrissons en grignotant notre planète et nous mettons en péril notre propre survie. On parle même actuellement de "credit crunch" écologique. Les termes sont les mêmes que pour la crise financière ; à ceci près que dans l’économie, il est simple d’identifier un propriétaire. Dans le cas de l’environnement, nous sommes tous responsables. Tout le monde est propriétaire, et personne à la fois. Il s’agit de biens communs, de ressources vitales et partagées.
L’autre différence avec la crise financière réside dans le fait que, lorsque l’argent vient à manquer et que les comptes sont à zéro, la banque est en faillite. Pour l’environnement, nous ne pouvons pas nous permettre la faillite et nous serons morts bien avant que le capital soit épuisé, que le dernier arbre soit coupé ou le dernier poisson pêché. Il faut agir maintenant.


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