Article publié le 31/08/09 par MyCoop
Grenelle de la mer : les associations applaudissent... pour l’instant
[Terra Eco]
Alors que s’achève le Grenelle de la mer et que Nicolas Sarkozy a repris hier à son compte les principales conclusions des groupes de travail dans son discours du Havre, les associations environnementales saluent des mesures ambitieuses... qui doivent encore se traduire dans les faits.
Une fois n’est pas coutume. Les associations de protection de l’environnement ont globalement applaudi les décisions issues des tables rondes du Grenelle de la mer. "Ce discours, le premier du genre à ce niveau politique, peut (...) constituer un véritable changement de cap dans la politique maritime française, s’il est suivi d’effets tangibles", souligne France Nature Environnement. "Le bilan tiré aujourd’hui de ces 5 mois de travail est globalement positif avec des engagements structurants pour la protection de la mer et du littoral et l’intégration de critères écologiques et sociaux dans de nombreux domaines", écrivent pour leur part WWF et Greenpeace dans un communiqué commun. Petit tour des engagements majeurs pris à l’issue des tables rondes du Grenelle de la mer :
- La mer sous haute protection. 20% des eaux territoriales françaises seront converties en "Aires maritimes Protégées" d’ici à 2020 dont la moitié en réserve marines. Aujourd’hui, ces APM ne couvrent que 0,59% des 11 millions de km2 d’eaux françaises. "Un engagement historique", pour WWF et Greenpeace. Si elle est appliquée, la mesure ferait de la France "un leader mondial en termes de protection de la biodiversité et de gestion des pêches." Dans ces zones en effet, des mesures de gestion particulières sont mises en œuvre (limite de la pêche, respect des stocks) pour protéger le milieu marin.
- La faune plus respectée. Fini les tergiversations, la France promet désormais de soutenir l’inscription du thon rouge à la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES). Oui mais à condition qu’il soit inscrit à l’annexe 1 du texte réservée aux espèces les plus menacées, soulignent les associations. Une catégorisation qui interdira le commerce international de ce poisson voué à disparaître dès 2012. Ailleurs, le Grenelle s’engage aussi à bannir le finning, soit la découpe d’ailerons sur les squales vivants avant de les rejeter à la mer. Et à ne pas renouvellement les licences des bateaux qui pêchent le requin taupe. Mais ce non-renouvellement "ne s’effectuera qu’au moment du départ à la retraite des pêcheurs. Un délai qui conduira cette espèce à l’extinction !", s’alarme néanmoins la Fondation Nicolas Hulot.


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