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Article publié le 29/04/09 par MyCoop

La « grève du troisième ventre » sauvera-t-elle la planète ?

[Alternatives Economiques]
Les propos d’Yves Cochet concernant l’empreinte écologique des enfants des pays riches font débat sur internet. Parce qu’un enfant européen aurait un coût écologique équivalent à 620 AR Paris-New York., le député vert propose d’inverser le barème des prestations familiales françaises de sorte qu’il devienne moins généreux à partir du 3ème enfant.

C’est donner beaucoup de poids à la politique familiale que de penser que, ce faisant, on influencerait significativement les décisions de fécondité des individus. Mais ces déclarations, aussi iconoclastes qu’elles puissent paraître, ont le mérite de poser la question des objectifs de la politique familiale.

La politique familiale opère une redistribution du revenu des familles sans enfant vers celles qui en ont. Pour certains, cela doit permettre d’encourager le nombre de naissances, c’est ce que l’on appelle la vision « nataliste » de la politique familiale, d’autres pensent qu’elle permet simplement à toute personne qui le souhaite  d’avoir des enfants, ce que j’appellerais une vision « humaniste » de la politique familiale. En invoquant l’idée de limiter l’empreinte écologique de la démographie européenne par une baisse du nombre de naissances, Yves Cochet propose d’instaurer une politique familiale  « malthusienne ». Notons que la France fait figure d’exception en Europe, avec un taux de fécondité de 2 enfants par femmes. Les autres pays européens sont bien en-deçà, pour ceux-là donc l’empreinte écologique globale des enfants doit être assez faible. Mais revenons un peu sur chacune de ces visions de la politique familiale.

La perspective nataliste me semble totalement réactionnaire et dépassée. Tout d’abord parce qu’une démographie dynamique n’est pas une valeur en soi ; l’exemple des Etats-Unis, que j’ai déjà évoqué dans un post précédant, l’illustre parfaitement : si la démographie américaine est particulièrement dynamique pour un pays développé cela s’explique en partie par un taux de natalité des adolescentes singulièrement élevé.

Ces naissances précoces qui s’accompagnent souvent de l’isolement social et de la pauvreté, brisent le destin de ces enfants et de leurs mères adolescentes. Cette situation résulte à la fois d’un manque d’information et d’accès à la contraception, mais aussi au fait que ces jeunes femmes voient dans la maternité une façon d’accéder à une reconnaissance sociale, dans une société où les valeurs religieuses ont beaucoup de poids. Je ne vois là aucun signe d’un quelconque progrès social.

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(cc) Pink Sherbet Photograph

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