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Article publié le 30/08/10 par MyCoop

La guérilla jardinière

[Eco-Sapiens]

Et si nous investissions les lieux laissés à l’abandon dans nos villes pour les faire fleurir ?
Voici la proposition de base de la guérilla jardinière (ou guerilla gardening), mouvement citoyen et écologiste dont les activistes occupent des lieux délaissés, sans propriétaire, ou des lieux publics pour y planter et entretenir fleurs, plantes et légumes.

La guerilla gardening défend le droit à la terre et la réforme agraire, et remet en question le régime foncier en tentant d’interpeller les pouvoirs publics sur l’utilisation des terres en friche. C’est aussi une revendication pour les cultures vivrières comme le Mouvement des sans-terre au Brésil.

Richard Reynolds, londonien, figure notoire du mouvement, en raconte l’histoire et plus encore, dans un livre récemment traduit en français, le premier sur ce thème de "la guérilla jardinière", paru aux éditions Yves Michel.

Nécessité de réduction de notre dépendance à la grande distribution, à l’agrobusiness et à une alimentation à l’origine souvent douteuse; volonté de recréer du lien social; envie de combler le vide de ces "endroits moins fréquentés en laissant la nature et la chance jouer un rôle plus important" dans le "tout béton"; quête d’un antidote spirituel à un environnement débilitant; besoin de contact avec la nature pour urbains déracinés; désir enfin de voir nos villes disposer de sources d’en-cas locales et accessibles, à travers la plantation d’arbres fruitiers dans les lieux aussi bien publics que privés… autant d’éléments qui font de la guérilla jardinière une démarche militante dans laquelle de nombreuses personnes peuvent se retrouver.

Ce que les guérilleros combattent avant tout, c’est la rareté et le délaissement.

La rareté, résultat de la pression qu’exercent croissance démographique et consommation galopante sur la surface de la planète, accentuée par l’inéquitable répartition de la propriété terrienne sur le globe : 15 % de la population mondiale possède ou dispose librement des 136 millions de km² constituant les terres émergées de la planète.

Le délaissement : "Combattons la crasse avec des fourches et des fleurs" - let’s fight the filth with forks and flowers -, phrase de ralliement de Richard Reynolds. La saleté dans l’espace public est l’ennemi numéro 1 contre lequel s’unissent la plupart des guerilleros. Un espace négligé est un espace mort.
Richard Reynolds explique que "l’abandon proclame qu’une communauté a perdu sa fierté et sa cohésion […]; alors que lorsque l’on s’en occupe correctement, l’extérieur devient vivant et une extension sociale de notre domaine privé."

Ce livre explique très clairement le mouvement dans son ensemble, la définition, la démarche, les motivations, les bienfaits du jardinage à de nombreux points de vue. L’originalité de l’ouvrage réside également dans sa seconde partie, le manuel du parfait guerillero, qui détaille l’arsenal nécessaire à tout guerillero qui se respecte (outils, plantes, vêtements, et de très nombreuses informations).
Le tout illustré de multiples exemples d’initiatives à travers le monde.
Seul hic, on regrette qu’il n’y ait pas de photo !

Source : Eco Sapiens

Retrouvez le site de guerilla gardening en cliquant ici

 


 

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