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Article publié le 24/07/09 par MyCoop

Le coût écologique du travail le dimanche

[Terra Eco]
Les députés ont tranché. Si les sénateurs leur emboîtent le pas le 21 juillet, le travail du dimanche sera désormais légal et réglementé. Concernées ? Les zones touristiques ou thermales (quelque 500 d’après le gouvernement, dix fois plus selon l’opposition) et les périmètres d’usage de consommation exceptionnel (PUCE) de Paris, Lille et Marseille. En bref, ces zones périurbaines où fleurissent hypermarchés et grandes surfaces en tout genre. La mesure risque d’avoir un coût. Et pas seulement pour notre porte-monnaie.

Pour le gouvernement pas de doute, la loi votée à l’Assemblée le 15 juillet est un progrès. Social d’abord. "Il y avait une demande des salariés pour régulariser leur situation (…) Et bien enfin, grâce à cette loi, ces salariés vont voir leur situation sécurisée, confiait le 15 juillet Luc Châtel, nouveau ministre de l’Education nationale qui s’exprimait au micro de France Info en tant que porte-parole du gouvernement. "La loi a prévu un certain nombre de garde-fous", a-t-il ajouté. Des garde-fous peu satisfaisants pour l’opposition de gauche. Certes, si la loi promet, en zone PUCE, de garantir aux employés un salaire doublé ce jour-là et un repos compensateur, elle ne prévoit aucune compensation en zone touristique.
Du côté économique, le gouvernement promet plus d’emploi et une croissance relancée grâce à une réglementation moins rigide. "C’est une contribution, en période de crise, il est indispensable de saisir toutes les opportunités qui se présentent (...) Ce sont les petits ruisseaux qui font la grande rivière, la reprise de la croissance", a souligné de son côté Henri de Raincourt, le ministre chargé des relations avec le Parlement, cité par l’’agence de presse AP. Pourtant, en novembre dernier, une étude du Crédoc soulignait que la mesure ne pouvait avoir qu’une très faible efficacité économique : dans un contexte où le pouvoir d’achat des Français n’augmente pas, le plus probable est "que l’essentiel des ventes réalisées le dimanche corresponde au transfert de ventes initialement réalisées les autres jours de la semaine", soulignait l’étude.
Surconsommation d’énergie
Reste le coût environnemental d’une telle mesure. Car ouvrir des magasins le 7ème jour peut peser lourd sur l’ardoise de la planète. "C’est une loi à contre courant de la prise de conscience des limites de notre planète. (..) Les commerces ouvriront donc le dimanche pour toujours plus de consommation dont une partie inutile, toujours plus de déplacements motorisés producteurs de gaz à effets de serre mais toujours moins de vie familiale, culturelle et sociale", peste sur son blog Martine Billard, ex-députée Verts et nouvelle recrue du Front de Gauche. "Chauffer, éclairer, climatiser, transporter produits et consommateurs un jour de plus, est évidemment générateur de surconsommation d’énergie et producteur de CO2. Nulle évaluation de ces sujets n’a été produite. Des commerces d’ameublement ont cessé d’ouvrir le dimanche au vu des coûts générés", soulignait déjà le PS en décembre 2008 sur son site internet, dans un argumentaire adressé à ses militants.

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