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Article publié le 07/08/09 par MyCoop

Pendant la crise, l'industrie s'enrichit avec le marché carbone sans faire d'effort !

[WWF]
Une étude de l’ONG Sandbag, révèle que l’industrie européenne va pouvoir réaliser d’importants profits sur le marché carbone… sans faire d'effort pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

En effet, en abusant de l'argument de la compétitivité, le secteur de l'industrie (hors énergie) a réussi à obtenir le droit d'augmenter ses émissions de gaz à effet de serre. Ajoutons à cela une baisse d'activité liée au ralentissement économique, l'industrie bénéficiera d'un surplus de 400 millions de tonnes de CO2 de droits à polluer pour la période de 2008 à 2012. Elle se réserve ainsi la possibilité de revendre ces droits en générant ainsi des bénéfices de l'ordre de 5 milliards d'euros.

Ces droits pourront également être mis en réserve pour la prochaine phase de fonctionnement du marché des quotas (2013-2020), prolongeant ainsi le manque d’incitation à créer une industrie plus verte. Les droits excédentaires des industriels ne sont pas le seul problème. L’afflux de crédits issus de la compensation carbone et les réserves de droits à polluer dont bénéficient les pays européens pourraient encore aggraver la situation.

Pour Morgane Créach, du RAC-France, « Avec cet excédent, les industriels européens n'auront pas à lever le petit doigt pour réduire leurs émissions au moins jusqu'en 2015 ! Les industriels français quant à eux pourront empocher jusqu'à plus de 280 millions [1] d’euros en vendant ce surplus. On nage en plein paradoxe avec un système qui fonctionne sur le mode du pollueur-payé ! ».

Cette quantité impressionnante « d'air chaud » sera un frein aux investissements dans les technologies peu émettrices en gaz à effet de serre et ne permettra pas à l'Europe de se placer à l'avant garde de la lutte contre les changements climatiques.

Pour Damien Demailly du WWF-France : « L'Europe doit rectifier le tir sans plus attendre et passer à un objectif de réduction de ses émissions beaucoup plus ambitieux. Elle s’est engagée l’année dernière à réduire ses émissions de 20%, voire de 30% en cas d’accord international. Du fait du ralentissement économique, le coût pour réduire les émissions européennes de 30% est aujourd'hui moins élevé que celui prévu l'année dernière pour atteindre un objectif de réduction de seulement 20%. C'est l'occasion pour l'Europe de prendre un engagement cohérent avec les scénario climatiques : réduire ses émissions de 40 % pour 2020 ! ».

[1] Environ 20 millions de quotas excédentaires sur 2008-2012 à un prix de 14 euros.

Source WWF


(cc) mrk_photo

 

 

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