Article publié le 04/11/08 par MyCoop
Crise du capitalisme et valeurs d'insertion
[Alternatives Economiques]
Il est symptomatique de l’isolement du monde de l’insertion que la crise financière actuelle y ait eut pour seul écho une polémique sur les contrats aidés : faut-il les relancer pour contrer la remontée du chômage ou les adosser au temps long et non cyclique des projets d’insertion ? Faut-il continuer de les orienter du côté du secteur marchand ou les réorienter du côté du secteur non marchand ?
(cf. Libération du 30 septembre et le blog de Michel Abhervé).
Comme si le seul point de vue des acteurs de l’insertion par l’activité économique devait se limiter à des interventions sur la dimension « sociale » de leurs structures qui, effectivement, embauchent des personnes éloignées de l’emploi au moyen de contrats aidés ou en partie subventionnés ; le passage au contrat unique d’insertion en juillet 2009 dans le cadre de la généralisation du RSA semblant d’ailleurs s’éloigner devant l’urgence de s’appuyer sur le pare-feu des contrats aidés existants (Source : Les Echos).
Des entrepreneurs à part entière
C’est oublier que les dirigeants des structures de l’insertion par l’activité économique (SIAE) sont aussi et d’abord des entrepreneurs qui, à ce titre, devraient pouvoir peser sur les solutions imaginées pour sortir de la crise actuelle du capitalisme et de sa gouvernance par les marchés financiers.
Pourquoi laisser le monopole des solutions au porte-voix des chefs d’entreprise du CAC40 ? Certes on comprendra le silence de certaines entreprises de l’économie sociale (les Caisses d’épargne, le Crédit mutuel ou encore le Crédit agricole) dont les difficultés qu’elles rencontrent aujourd’hui sont la meilleure preuve qu’elles sont devenues des entreprises capitalistes. Mais cette dérive financière ne concerne en rien les dirigeants des SIAE.
Car la seule sortie à la crise systémique du capitalisme ne réside pas encore et toujours dans son autorégulation par des codes de bonne pratique, saupoudrés d’un zeste d’éthique comme le clame Laurence Parisot à la tête du Medef (dans La Tribune du 16 octobre).
Sa voix a d’ailleurs été entendue par l’Etat qui vient d’apporter 10 milliards d’euros aux six grandes banques françaises sous la forme d’achat d’obligations plutôt que d’actions, faisant donc le choix de ne pas entrer au capital de ces banques et par la même de ne pas entrer à leur conseil d’administration. Vive l’autorégulation des « barons voleurs » !
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(cc) nicdalic


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