Article publié le 19/01/09 par MyCoop
Des demi-mesures pour l'emploi
[Alternatives Economiques]
Le chômage est de retour : l'ANPE a en effet enregistré en août et septembre derniers 49 300 demandeurs d'emploi de catégorie 1 (*) supplé-
-mentaires. Et les perspectives ne sont guère réjouissantes pour 2009.
Selon l'Unedic, le nombre de chômeurs devrait augmenter de 96 000 à 250 000 selon l'ampleur de la récession. Du coup, l'heure est à la "mobilisation pour l'emploi", a claironné Nicolas Sarkozy à Rethel, le 28 octobre dernier. Sans pour autant changer le fond très libéral de sa politique.
Principale mesure annoncée par le chef de l'Etat : 100 000 contrats aidés supplémentaires seront financés en plus des 230 000 déjà inscrits dans le projet de loi de finances 2009. En renouant avec un traitement social du chômage autrefois rejeté, le Président a voulu faire montre de volontarisme et de pragmatisme. Pourtant, l'effort consenti est en réalité beaucoup plus modeste qu'il en a l'air.
Il ne s'agit que d'une augmentation par rapport à un projet de budget qui lui-même était en fort recul. 330 000 contrats aidés dans le secteur non marchand en 2009 ne représentent en fait que 40 000 de plus qu'en 2008. Et il est peu probable que cela soit suffisant. 383 000 emplois aidés avaient été financés dans le secteur non marchand en 2003, alors que le ralentissement de l'économie avait été moins grave à l'époque que celui qui se profile.
Même plus timide qu'il n'y paraît, cette relance des contrats aidés va toutefois dans le bon sens. A condition que le traitement social du chômage ne se révèle pas être un simple traitement comptable du taux de chômage. La tentation risque en effet d'être forte de multiplier les contrats aidés à temps partiel, dépourvus de formation, pour agir immédiatement sur le niveau d'emploi, au détriment d'une logique d'insertion plus durable.
Quoi qu'il en soit, ces contrats aidés ne suffiront pas à empêcher la hausse du chômage. Et leur effet sera d'autant plus limité que le gouvernement n'envisage pas de remettre en cause certaines décisions bien qu'elles se révèlent contre-productives en matière d'emploi. C'est le cas en particulier de la défiscalisation des heures supplémentaires, qui incite les entreprises à ne pas embaucher.
Plus de flexibilité
A défaut de faire marche arrière sur ce point, Nicolas Sarkozy a martelé sa volonté de créer une "sécurité sociale professionnelle", déclinaison hexagonale de la flexsécurité danoise. Pourtant, au-delà des discours, peu d'éléments indiquent que l'on prend ce chemin. Car si le Président a bien prôné davantage de flexibilité, la sécurité reste largement absente de son plan.
En effet, partant du principe qu'"en phase de ralentissement, un CDD en plus c'est un chômeur en moins", le chef de l'Etat entend permettre aux petites et moyennes entreprises de recruter des salariés en contrat à durée déterminée (CDD) sans restriction de durée (contre dix-huit mois maxi actuellement).


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