Article publié le 12/02/09 par MyCoop
Lutte contre le chômage : peut mieux faire
[Alternatives Economiques]
Extrait du dossier "Chômage: qui va trinquer ?", paru dans le numéro de février d'Alternatives Economiques (en kiosque dès vendredi 30 janvier, vous pouvez aussi l'acheter en ligne).
Face à la remontée brutale du chômage, les politiques mises en oeuvre en France sont-elles à la hauteur ? Pour redresser durablement la situation de l'emploi, le redémarrage de la croissance économique serait bien sûr déterminant.
A cet égard, le plan de relance annoncé en décembre dernier paraît d'une ampleur insuffisante. En attendant, il faut limiter les dégâts et venir en aide aux victimes de la crise. Cela d'autant plus que le soutien au pouvoir d'achat des chômeurs, les efforts pour maintenir les emplois existants, la relance des emplois publics et des emplois aidés sont indispensables pour éviter que la récession ne se transforme en dépression du fait des anticipations de plus en plus négatives de ceux qui redoutent de perdre leur emploi. Mais sur ce plan aussi, on reste encore loin du compte.
Unedic : une convention peu ambitieuse
Plus nombreux, les chômeurs sont-ils au moins suffisamment indemnisés ? Fruit d'un compromis trouvé en dernière minute le 24 décembre 2008, le projet de nouvelle convention Unedic était censé fixer les règles d'indemnisation des demandeurs d'emploi pour les deux ans à venir. Si les négociations se sont déroulées sur fond de forte dégradation du marché du travail, le texte final peine à prendre la mesure de cette nouvelle donne sociale.
Le principal enjeu consistait à augmenter le nombre de chômeurs indemnisés, qui ne représentent pour l'instant que 47,5% des demandeurs d'emploi. Et notamment à mieux couvrir les jeunes et les précaires, souvent exclus du régime faute d'avoir suffisamment cotisé alors qu'ils sont les premières victimes de la crise.
En assouplissant les conditions d'entrée dans le régime, le projet d'accord améliorait quelque peu leur situation. Dans le cadre de la nouvelle filière unique, qui devait simplifier les règles d'indemnisation, l'ouverture des droits devait nécessiter d'avoir cotisé au moins quatre mois pendant les vingt-huit derniers mois, contre six sur vingt-deux précédemment. Pour éviter que cette réforme ne soit trop coûteuse, un garde-fou avait néanmoins été prévu: au cas où un chômeur retrouve du travail, il devrait cotiser cette fois six mois sur douze pour pouvoir être à nouveau indemnisé.
Selon l'Unedic, cette ouverture des droits dès quatre mois de cotisation devait permettre d'indemniser 70 000 demandeurs d'emploi supplémentaires. Une avancée modeste, au regard des 1,5 million de chômeurs actuellement non indemnisés. D'autant que le projet d'accord prévoyait aussi de réduire les durées d'indemnisation de nombreux autres chômeurs en se basant désormais sur le principe d'un jour indemnisé pour un jour cotisé.
Précédemment un chômeur qui avait cotisé seize mois était indemnisé pendant vingt-trois mois, dorénavant il ne le serait plus que pendant seize mois. L'impact de cette réduction de la durée d'indemnisation devrait donc compenser en partie les effets positifs liés à l'assouplissement des règles d'entrée dans le système: selon l'Unedic, un peu moins de la moitié de la hausse du nombre des chômeurs indemnisés due à l'ouverture des droits dès quatre mois devrait ainsi être neutralisée par les effets négatifs engendrés par cette diminution de la durée d'indemnisation.
Ce compromis peu ambitieux a soulevé des réserves tant du côté du patronat - qui a dû accepter un report de la baisse attendue des cotisations chômage - que du côté syndical. Résultat: la CFDT est le seul syndicat à accepter de signer ce texte. Tandis que la CGT, la CFE-CGC, la CFTC et FO l'ont dénoncé, ce qui devrait le rendre caduc. Et la balle se retrouve dans le camp du gouvernement, très silencieux jusqu'à maintenant sur ce dossier pourtant crucial dans un contexte de montée rapide du chômage.
Les licenciés économiques un peu mieux lotis
Ce faible enthousiasme contraste avec le consensus qui entoure la réforme de la convention de reclassement personnalisé (CRP). Ce dispositif, créé en 2005, s'adresse aux personnes victimes d'un licenciement économique dans les entreprises de moins de 1 000 salariés. Il leur permet de bénéficier pendant un an de conditions d'indemnisation et d'accompagnement plus favorables que la moyenne des chômeurs.
Leur indemnisation sera maintenue à 80% du salaire brut antérieur (contre 57,4% dans le régime d'assurance chômage classique), mais pendant une durée plus longue (huit mois, contre trois auparavant), avant de retomber à 70% les quatre mois restant.
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(cc) art6now


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