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Article publié le 03/11/08 par MyCoop

Lutter contre le chômage un plan limité et libéral

Adepte des symboles, le Président est retourné sur les terres où il avait inauguré son slogan de campagne fétiche, fin 2006, le fameux : « Travailler plus pour gagner plus ». Mais d'un discours à l'autre, le contexte a radicalement changé. Les solutions préconisées, elles, sont moins novatrices qu'il n'y paraît.


Timide retour des contrats aidés

Comme prévu, Nicolas Sarkozy a annoncé une relance des contrats aidés : 100 000 de plus que les 230 000 inscrits dans le projet de loi de finances 2009. Et peu importe si il n'y a pas si longtemps, le chef de l'Etat ne se privait pas de critiquer cette forme de traitement social du chômage. Il n'est d'ailleurs pas le premier à droite à avoir mis de côté ces considérations idéologiques face à la montée du chômage.

Après avoir honni les emplois jeunes créés par le gouvernement Jospin, la majorité avait déjà réhabilité les emplois aidés en 2005, via le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo. Rien d'étonnant à cela : malgré leur coût élevé, ils permettent de réduire rapidement le nombre de chômeurs. Devant cet argument politiquement payant dans un contexte où le taux de chômage est devenu un véritable baromètre politique, les préjugés libéraux pèsent peu.

Le pragmatisme de Nicolas Sarkozy est cependant beaucoup plus limité qu'il en a l'air : il ne s'agit en effet que d'une augmentation par rapport à un projet de budget qui lui-même était en fort recul. 330 000 contrats aidés dans le secteur non marchand en 2009, ce ne sont en fait que 40 000 de plus qu'en 2008.

Et il est peu probable que cela soit à la hauteur des enjeux : 383 000 emplois aidés avaient été financés dans le secteur non marchand en 2003 [On en comptait même 517 000 avec ceux qui existaient alors dans le secteur marchand.], alors que le ralentissement de l'économie avait été moins grave à l'époque que celui qui, selon toute vraisemblance, se profile pour l'an prochain.

Même timide, la relance des contrats aidés est néanmoins bienvenue. A condition toutefois que le traitement social du chômage ne se révèle pas être un simple traitement comptable du taux de chômage. La tentation risque en effet d'être forte de multiplier les contrats aidés à temps partiel, dépourvus de formation, pour agir immédiatement sur le niveau d'emploi, au détriment d'une logique d'insertion plus durable.

Le chef de l'Etat s'en défend : « Je ne veux pas que, comme on le fait depuis des années, on renvoie à la fin du contrat les personnes à la case départ, le RMI ou le chômage. » Il entend au contraire qu'« une véritable offre de services soit destinée aux bénéficiaires de contrats aidés, en cours même de contrat, pour leur donner le maximum de chances d'obtenir à la sortie un emploi dans une entreprise ». Reste à mettre en musique ce vœu pour l'instant pieux.

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