Article publié le 02/03/09 par MyCoop
Personnes âgées, le logement marqueur des inégalités ?
[Elisabeth d’Andon pour MyCoop]
73% des personnes de plus de 60 ans sont propriétaires de leur résidence principale…
Voilà de quoi se donner bonne conscience et éviter d’aborder un sujet pour le moins épineux. Parmi les ménages dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté (733 euros pour une personne seule en 2006), 84 % sont propriétaires du logement qu’ils occupent ou sont logés gratuitement…
Ces dernières décennies, il est vrai que le revenu moyen des ménages retraités n’a eu de cesse de s’accroitre et que les medias ont beaucoup travaillé l’image souriante des baby boomers qui arrivent à l’âge de la retraite plein d’énergie, de projets et d’épargne …pour en profiter !
Derrière cette image édulcorée, se cache une réalité bien plus contrastée qui laisse apparaitre de profondes inégalités. Si les revenus des retraités se sont réellement améliorés (pensions à taux plein, deux retraites dans le couple, accès à la propriété facilité pendant les trente glorieuses…) nous abordons de nouveau une période qui connaît un accroissement de la pauvreté chez les plus de 60 ans.
« À côté de la pauvreté des femmes âgées et isolées, notamment à cause du veuvage et des faibles pensions de reversion, apparaissent les figures de personnes âgées particulièrement exposées : sans domicile fixe vieillissants, immigrés âgés en foyer, personnes seules et âgées vivant dans les zones urbaines sensibles… Et ces catégories sont confrontées à des situations de mal-logement.
La situation globalement favorable des personnes âgées a conduit à oublier que des personnes vieillissent dans la rue et y meurent parfois, que de vieux travailleurs migrants n’ont d’autre perspective que de vieillir dans des foyers qui ne sont plus adaptés à leur situation quand survient la perte d’autonomie, que des personnes âgées sont captives d’un habitat insalubre et y vivent dans des conditions intolérables… »1
L’allongement de la durée de vie devrait d’ailleurs développer ce phénomène. Il est dès lors légitime de s’interroger sur les choix qui seront faits en matière de politique sociale (quid du financement de la dépendance ?), de financement des logements et d’implication des collectivités territoriales. Il est également légitime de s’interroger sur les mécanismes de solidarité qui se mettent en place (aide familiale ou de voisinage) et l’accompagnement que les pouvoirs publics comptent développer.
1 : extrait de « Les synthèses du rapport 2009 sur l’état du mal-logement en France » de la Fondation Abbé Pierre


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