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Article publié le 30/07/09 par MyCoop
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Quand le travail rend pauvre

[Alternatives Economiques]
Alors que le revenu de solidarité active se met en place, près de 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Depuis début juillet, les premiers paiements au titre du revenu de solidarité ac- tive (RSA) sont effectués, se substituant à l'ancien revenu minimum d'insertion (RMI) et à l'ancienne allocation parent isolé (API). S'agit-il d'un simple changement de nom? Pas vraiment, car le RSA (dit alors "chapeau") est versé également aux ménages de travailleurs pauvres dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté (1). L'objectif est de lutter plus efficacement contre cette pauvreté. Il n'est pas sûr cependant qu'on y parvienne par ce biais.

En 2006, 7,9 millions de personnes en France disposaient d'un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté tel que défini par l'Union européenne, soit 60% du niveau de vie médian (*) , ce qui correspond actuellement à un revenu net, après impôts et prestations sociales, de 880 euros par mois pour une personne seule (2), de 1 320 euros pour un couple, de 1 820 euros pour un couple avec deux enfants. Il faut toutefois noter que ce nombre de personnes en situation de pauvreté est sans doute sous-évalué, car l'enquête qui permet de l'obtenir exclut les départements d'outre-mer (cela devrait changer l'an prochain) et toutes les personnes qui vivent en institution (maisons de retraite, couvents, maisons d'arrêt, internats divers) ou qui n'ont pas de domicile fixe (caravanes, foyers d'urgence...). Or, ce sont justement souvent les ménages les plus précarisés qui vivent dans ces institutions. Voilà pourquoi il n'est sans doute pas faux d'arrondir à 8 millions le nombre de pauvres pour l'année 2006, dernière année connue.

Les jeunes en première ligne
Qui sont ces 8 millions de personnes? Dans leur grande majorité, elles sont jeunes, voire très jeunes: quasiment la moitié (49%) ont moins de 30 ans, alors que cette tranche d'âge ne représente que 36% de la population française. Pour les enfants, cette situation constitue souvent un lourd handicap. En effet, selon une étude du Cerc, le fait d'être élevé dans une famille pauvre réduit sensiblement (de l'ordre des trois quarts) leur probabilité de réussir à l'école: moindre soutien parental, manque de chambre à soi pour faire ses devoirs, proportion élevée d'enfants ayant des difficultés scolaires, etc., tout ceci accroît fortement le risque pour ces enfants de devenir à leur tour des adultes pauvres.
Au contraire, les seniors sont moins présents dans la population pauvre (15%) que dans la population dans son ensemble (21%). Il s'agit là d'un changement profond dans le visage de la pauvreté. Depuis le début des années 1980, celle-ci ne cesse de rajeunir: au cours des dix dernières années, la part des moins de 18 ans dans la population pauvre a augmenté de trois points.

Personnes isolées, familles nombreuses et monoparentales
Trois types de ménages sont particulièrement exposés au risque de pauvreté. D'abord, les personnes isolées: elles représentaient 18% du total des personnes pauvres, alors qu'elles ne comptent que pour 14% dans l'ensemble de la population. Cette exposition forte au risque de paupérisation est facile à comprendre: aucune autre rentrée d'argent ne vient compenser les insuffisances éventuelles du revenu en cas de chômage non indemnisé, d'inactivité ou même d'emploi mal payé.

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(cc) Amanda M Hatfield

Commentaires

Posté le 31/07/2009 par Citiznet

Il faudrait à présent faire un peu de prospective, et estimer le nombre de personnes qui vivront en dessous du seuil de pauvreté avec les effets de la crise, de 2010 à 2015 par exemple.