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Article publié le 09/02/12 par MyCoop

Quand les enfants (re)découvrent la vie sans écran

[L’AGE DE FAIRE]

Le Québécois Jacques Brodeur sera en France en février et mars prochains. Il propose des formations pour aider les jeunes à « décrocher » de la télé, d’internet et des jeux vidéo.

Rendre un jeune cerveau motivé et capable de fermer la télé et autres écrans est devenu comparable à un "exploit olympique." C’est sur la base de ce constat que le Québécois Jacques Brodeur, ancien prof’ d’éducation physique, a fondé en 2003 le défi Dix jours sans écran. L’initiative s’est exportée en France où Jacques Brodeur effectuera une nouvelle tournée du 10 février au 25 mars. Le principe est simple : dans les établissements scolaires qui le souhaitent, des élèves sont préparés à se priver volontairement de télévision, d’ordinateur et de jeux vidéo.

Une telle expérience ne va évidemment pas de soi, quand les 12-17 ans passent en moyenne 14 heures par semaine devant la télé et 16 heures sur internet ! « Tout comme les sportifs se préparent à leurs matches et les musiciens se préparent à leurs concerts, les enfants et les ados ont besoin d’entraînement pour affronter les deux industries les plus puissantes au monde : l’industrie publicitaire et celle du divertissement », souligne Jacques Brodeur. Adaptés aux différentes tranches d’âge, des exercices proposent donc aux élèves d’aiguiser leur jugement critique, d’exprimer leurs émotions, de développer « leur pouvoir d’empathie, de compassion et de coopération ». Les enfants apprennent également à identifier les programmes qui véhiculent de la violence, de la peur, du sexisme, du racisme et du consumérisme. « Les jeunes éduqués aux médias apprennent pourquoi les publicitaires les prennent pour cibles et redécouvrent la liberté d’échapper à l’emprise des écrans. » Selon Jacques Brodeur, « les bénéfices à court terme surpassent tout ce que d’autres approches ont donné en matière de réduction de la violence ». A l’issue d’un défi, de nombreux enfants passent plus de temps avec leur famille et leurs amis, font plus de sport, lisent d’avantage. Les disputes et paroles agressives sont moins nombreuses ; la concentration, le travail scolaire et la qualité du sommeil s’améliorent souvent, de même que la participation aux tâches ménagères.

« UN DECLIC POUR MOI »

Une enquête menée par l’association Eco conseil auprès de cinq écoles de Strasbourg, signale que 56% des parents ayant répondu au questionnaire estiment que leurs enfants passent moins de temps devant les écrans après avoir participé au défi. 45% des parents ont également relevé des changements dans leur vie de famille (plus de discussions et de sorties notamment). « Je ne demande plus aux enfants d’aller devant la télé pour se calmer, j’utilise d’autres activités. Cette semaine a été un déclic pour moi » a déclaré le parent d’une élève de CE2.A Azay-le-Rideau, en Indre et Loire, 35% des élèves ont affirmé que leur consommation de télévision et de jeux vidéos avait « diminué un peu », 15% qu’elle avait « assez diminué », et 25% qu’elle avait « beaucoup diminué ».

Source : http://www.lagedefaire.org/tout-savoir/articles-en-version-integrale/articles-du-numero-60/article/vie_sans_ecran
CC

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