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Article publié le 30/08/09 par MyCoop

Quelle réforme du système de retraites ?

[Arnaud Parienty pour Alternatives Economiques]
Est-il possible de s’en sortir dans le cadre du système actuel ? Certainement ! Au point que les verdicts catastrophistes paraissent inspirés par la poursuite d’intérêts personnels ou catégoriels (on peut penser aux assureurs, par exemple) plus que par une analyse lucide de la situation.

Mais ça ne doit pas empêcher d’envisager une réforme du système.
Au moment du vote de la loi de 2003, les projections donnaient à penser que le déficit atteindrait 4% du PIB en 2050. Depuis, les projections démographiques ont été revues dans un sens favorable au financement des retraites, si bien que le déficit anticipé n’est que de 2% du PIB. Selon l’OFCE, les dépenses de retraite représenteraient 14,9% du PIB en 2050 (contre 12,8% aujourd’hui). Dans ces conditions, il semble tout à fait possible de maintenir l’équilibre financier des régimes sans bouleversement.

Des trois variables du système, sur lesquelles peut-on jouer ? La durée d’assurance a déjà été fortement augmentée. En outre, poursuivre cette hausse tant qu’il y a un fort chômage conjoncturel et tant que les employeurs sont incapables de garder les salariés en emploi n’a guère de sens. Réduire le pouvoir d’achat des retraités n’est pas non plus une solution très judicieuse. Certes, la situation relative des retraités s’est bien améliorée ces dernières décennies ; mais elle n’est pas meilleure que celle des actifs et les réformes Balladur et Fillon vont entraîner une forte baisse des pensions. Reste la hausse des cotisations.

Les salaires représentant environ 60% du PIB, il faudrait les augmenter de 3,3 points environ pour compenser la montée des dépenses. En gros, les cotisations passeraient de 25% du salaire à 28% ou 29%. Est-ce acceptable ? Le gouvernement s’y refuse absolument, arguant que la compétitivité des entreprises serait affaiblie. Cependant, si les hausses de cotisations sont programmées à l’avance, ce qui est assez facile à faire, l’ajustement se fera, non par hausse du coût salarial, mais par baisse du salaire net. Dès lors, la question est plutôt l’acceptabilité par les salariés eux-mêmes. Dans un contexte de hausse inévitable des cotisations maladie et de stagnation du pouvoir d’achat, on peut en douter.

Au total, il est possible de maintenir le système actuel, à condition d’augmenter un peu les cotisations et, surtout, de décaler l’âge de cessation d’activité. Mais on peut aussi envisager de changer de système, afin de répondre aux critiques faites dans un post précédent et d’assouplir le système. S’inspirant du système suédois, Antoine Bozio et Thomas Piketty ont présenté un système de comptes individuels (ou notionnels) très intéressant (Pour un nouveau système de retraites, CEPREMAP, 2008). (...)

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