Article publié le 25/08/09 par MyCoop
Territoire en copropriété ?
[Hugues Sibille pour Alternatives Economiques]
Il est des signaux qu’il faut entendre. Celui de Frank Riboud, patron de Danone est de ceux-là : « Aucun organisme ne se développe dans un milieu appauvri ou dans un désert. Il est donc de l’intérêt même d’une entreprise de prendre soin de son environnement économique et social, ce qu’on pourrait appeler par analogie son écosystème (1) ». Tout est dit de la relation entreprise-territoire.
Danone met en pratique, en créant un fonds initial de 100 millions d’euros pour financer des initiatives sur le territoire (insertion à l’emploi, création d’activités, micro-entreprises de distribution alimentaire…). J’ai l’intuition que c’est à Evian, dont il fut directeur général, que Franck Riboud s’est forgé cette « conscience du territoire ».Le signal de Danone incite à changer radicalement pour répondre aux crises menaçantes : le cancer du chômage qui s’enflamme de nouveau, la menace écologique, dont le procès actuel d’AZF illustre dramatiquement l’impact que l’entreprise peut porter au territoire. Pour inventer des sorties de crise qui initient des modèles de développement différents, il faut passer de l’entreprise, unité de production posée sur un territoire, au territoire, espace de responsabilité économique et social partagé entre ses parties prenantes. Au multilatéralisme mondial, répond un multilatéralisme local. Dans les débats actuels sur la régulation, il faut défendre l’idée que le territoire soit l’espace premier de régulation.
Je suggère trois pistes :
* Reconnaître la contribution spécifique des entreprises de l’économie sociale, sociétés de personnes, dont les réserves impartageables font partie du patrimoine territorial et dont la gouvernance «un homme-une voix» inscrit la décision au plus près du territoire. Le territoire n’appartient pas au capital, mais aux hommes. L’économie sociale est peu délocalisable et proche des besoins. Les Régions ont enfin inscrit l’économie sociale dans leurs schémas de développement régional. Languedoc-Roussillon construit une boîte à outils avec une école d’entrepreneuriat d’économie sociale, un incubateur, une pépinière, une convention d’affaires Coventis, dédiés à l’économie sociale. Dans l’actualité du rapprochement Caisses d’Epargne-Banques Populaires, il faut inviter les élus locaux et les sociétaires à se mobiliser pour que ces banques restent coopératives, leurs centres de décision proches du territoire selon un principe de subsidiarité. Finissons en avec le rationalisme centralisateur à la française! (...)
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(cc) tanakawho


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