Article publié le 16/08/09 par MyCoop
Travailler plus pour mourir plus vite
[Jean-Marie Harribey pour Alternatives Economiques]
Sous le titre « Il faut en finir avec les fausses évidences sur les retraites : Allonger la durée de cotisation, surtout dans le secteur public, est illusoire », Pascal Gobry a publié dans Le Monde du 17 juillet 2009 un article dont le décryptage peut être utile pour saisir les subtilités de la question des retraites, de celle de la fonction publique et, au-delà, de celle de l’économie tout entière, donc des rapports sociaux.
On pourrait se laisser prendre à l’argumentation de l’auteur car elle s’approche de l’idée juste que, si on allonge la durée de cotisation des actifs, cette décision ne crée en elle-même pas un emploi de plus et ne modifie pas le taux d’emploi des seniors. La durée de cotisation ne peut donc être tenue pour la seule variable sur laquelle l’équilibre d’un système de retraites est fondé.
Mais, en réalité, l’auteur se livre à une tout autre démonstration qui se révèle erronée. Son point de départ est d’établir une différence radicale entre système de retraite du secteur privé et système de retraite du secteur public. Selon lui, seul le premier d’entre eux relève d’un régime « par répartition », c’est-à-dire financé par un prélèvement sur l’activité productive, au motif que le second trouverait sa source dans l’impôt prélevé par l’État.
Il en déduit que, la masse des impôts étant fixée, il vaut mieux payer des fonctionnaires retraités que des fonctionnaires actifs car ils coûtent moins cher. Ainsi, conclut-il, allonger la durée de cotisation de ces derniers alourdit la charge de l’État. Évidemment, la conclusion de Pascal Gobry est contenue dans son hypothèse implicite : les actifs employés par l’État sont improductifs par nature, leur activité ne débouche sur aucune richesse pour la société et ils ne sont donc qu’une charge. Dont nous devons bien entendu nous délester le plus possible : ce serait « une excellente chose », affirme-t-il. (...)
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(cc) Simon Donini


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