Article publié le 06/07/10 par MyCoop
Une mobilisation citoyenne contre l'exclusion
[Alternatives Economiques]
A Montréal, un collectif d'habitants de deux quartiers défavorisés met en place des actions communes visant à améliorer leur cadre de vie et à créer du lien social.
« Nous voulons que la ville de Montréal s'intéresse à notre quartier ! », s'exclame Souad Kacimi. Venue du Maroc avec son mari et ses trois enfants, elle s'est installée à Montréal-Nord, au Québec, il y a deux ans. Alors qu'elle avait été enseignante en microbiologie pendant quatorze ans dans son pays, elle n'a pas retrouvé de travail au Canada. Son mari, formateur mécanicien, non plus. Il a dû reprendre des études pour faire valider ses compétences. « Le Québec nous a sélectionnés pour venir travailler ici, parce que nous étions qualifiés et que nous parlions français. Mais une fois que nous sommes là, personne ne veut nous embaucher ; notre expérience et nos diplômes ne sont pas reconnus », regrette-t-elle.
L'histoire de Souad n'est pas isolée. Souvent issus de l'immigration sélective, un grand nombre d'habitants du quartier défavorisé de Montréal-Nord sont pourtant réduits à vivre avec l'aide sociale. Ayant perdu leurs illusions, ils ne veulent pas pour autant retourner au pays, parce qu'ils ont tout quitté pour venir au Québec, leur emploi, leur maison, en pensant y trouver un avenir meilleur pour leurs enfants.
Agir collectivement
C'est pour changer les choses et pour tenter de s'en sortir ensemble, que Souad et d'autres habitants de Montréal-Nord se sont engagés dans le projet de mobilisation citoyenne contre l'exclusion sociale lancé par l'association Parole d'excluEs. Tout a commencé par un séjour en Argentine et au Brésil, où Patrice Rodriguez, militant associatif au Québec de longue date, s'est rendu en 2003. Il s'aperçoit alors que, dans ces deux pays, la lutte contre l'exclusion s'inscrit le plus souvent dans des actions collectives portées par les « exclus » eux-mêmes. Ce qui leur permet de se ressentir comme des citoyens à part entière et de s'en sortir plus efficacement. Et repose sur l'idée que, loin d'être liée à des caractéristiques individuelles, l'exclusion est le résultat de dynamiques économiques et sociales contre lesquelles il faut agir collectivement [1].
Ces méthodes inspirent Patrice Rodriguez, qui souhaite engager le même type d'action au Québec. De là naît, en 2006, le collectif de mobilisation citoyenne Parole d'excluEs. Rapidement, l'association s'engage sur deux projets dans des quartiers défavorisés de Montréal : Montréal-Nord, qui concentre une importante population immigrée avec de fortes poches de pauvreté, et Hochelaga-Maisonneuve, ancien quartier industriel et ouvrier, aujourd'hui très stigmatisé bien qu'en voie d'embourgeoisement. Dans les deux cas, Parole d'excluEs s'adosse sur des projets de la Shapem, une société HLM qui souhaite créer des logements sociaux dans ces quartiers.
Parole d'excluEs contribue donc à la conception des logements, pour qu'ils répondent aux attentes et aux besoins des bénéficiaires potentiels, et aide à définir le processus de sélection des habitants. Puis l'association y ouvre un local commun, accessible à tous, qu'ils soient locataires de l'immeuble, résidents du quartier ou venus d'ailleurs. Le local est animé par une permanente de l'association...lire la suite sur le site d'Alternatives Economiques
Source : Alternatives Economiques


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