Article publié le 09/02/10 par MyCoop
Une rencontre paradoxale avec l'économie solidaire
[Tessolidaire]
Placer l'ESS sous le feu d'observateurs qui connaissent peu le secteur était le défi (réussi) de la rencontre Tous en scène, organisée la semaine dernière à la Maison des Métallos, par la Fraternelle de recherches et de propositions.
La Fraternelle est une association vouée à la recherche-action ; elle anime régulièrement des rencontres paradoxales qui ont pour objectif la rencontre d'univers et de personnes qui ont peu l'habitude de se croiser. Après que Claude Alphandéry eut introduit le débat en remarquant que l'initiative du Labo tentait elle aussi de rassembler des acteurs de l'ESS qui n'ont pas l'idée de travailler ensemble, Aurélie Trouvé, co-présidente d'Attac, a saisi la balle au bond, en assurant que l'ESS avait sa place dans le mouvement altermondialiste ; elle a pris pour exemples les Forums sociaux mondiaux (le Forum en cours, à Porto Alegre, fête les 10 ans des FSM), dans lesquels les initiatives citoyennes nourrissent les interrogations des alters sur un autre monde possible : « comme l'altermondialisme, l'ESS fait sien le slogan Penser global, agir local.
L'ESS permet d'échapper à l'opposition binaire entre le marché et l'Etat ». Aurélie Trouvé pense aussi qu'il faut trouver des combats communs pour arriver à développer l'ESS, par exemple celui pour une intervention directe des citoyens dans le contrôle du système financier.
De son côté, Clémentine Autain, responsable politique, affirme que le changement d'échelle de l'ESS passe par l'entrée dans des combats politiques ; elle considère aujourd'hui l'ESS comme trop consensuelle, alors qu'elle devrait plus affirmer ses valeurs démocratiques (co-directrice de la coopérative de presse Regards, elle a aussi transmis l'appel aux dons lancé en ce début d'année pour permettre au mensuel de survivre, www.regards.fr). Mais c'est le psychiatre Franck Chaumon qui a le plus répondu aux enjeux d'une rencontre paradoxale, en expliquant que l'économie solidaire était bel et bien une forme adaptée au secteur de la santé mentale, à l'heure où les pouvoirs publics voudraient le « marchandiser », en faisant, dans de récents rapports, de l'être humain un entrepreneur de lui-même. Selon lui, l'économie solidaire est, à l'inverse, une forme opératoire pour préserver la singularité de chacun dans des formes collectives de solidarité. Ces dialogues paradoxaux ont été fructueux, mais il n'est pas certain qu'ils puissent se poursuivre sous la même forme. En fin de réunion, Daniel Le Scornet, directeur de l'association hôte, a en effet déclaré que le nouveau directeur de la Maison des Métallos ne souhaitait plus héberger la Fraternelle. Encore un paradoxe !
www.maisondesmetallos.org
Source : tessolidaire.com


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