Article publié le 20/06/09 par MyCoop
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Banques coopératives: qu'allaient-elles faire dans cette galère?
[Alternatives Economiques]
La Caisse d'épargne et la Banque populaire ont été particulièrement impliquées dans la crise des subprime. Des errements qui leur coûtent aujourd'hui leur indépendance.
La nomination de François Pérol, ancien secrétaire général de l'Elysée, à la tête du groupe né du rapprochement forcé de la Caisse d'épargne et de la Banque populaire, a fait couler beaucoup d'encre. Mais la confusion des genres qu'a traduite cette nomination a fait oublier la question essentielle: comment se fait-il que ces deux groupes bancaires coopératifs soient au premier rang des victimes de la crise financière? Au point d'être contraints d'accepter de se voir imposer par l'Etat un dirigeant que rien ne prédisposait à prendre la tête d'une entreprise de l'économie sociale?
Pour le comprendre, il faut d'abord revenir deux décennies en arrière. Du côté des Caisses d'épargne, "établissements privés d'intérêt public" longtemps voués à la seule gestion de l'épargne populaire, la mutation commence en 1983. L'Ecureuil est autorisé par le gouvernement de Pierre Mauroy à développer une activité de crédit aux particuliers, activité qui sera étendue ensuite aux entreprises en 1987. De quoi en faire progressivement une banque comme les autres, une évolution que parachève son changement de statut en 1999.
Le groupe sort alors de la sphère publique pour se transformer en fédération de banques coopératives. L'établissement public qui chapeaute le réseau - la Caisse nationale des Caisses d'épargne - devient la filiale des différentes Caisses régionales, désormais organisées sous forme coopérative. Tandis que les clients de la banque sont invités à en devenir les sociétaires, via la souscription de parts sociales.
Sous la direction de Charles Milhaud, la Caisse d'épargne se développe dès lors tous azimuts, arrachant à la Caisse des dépôts et consignations sa filiale de banque d'investissement Ixis en 2004, multipliant les rachats, de la Banque San Paolo au rehausseur de crédit (*) américain CIFG, en passant par le promoteur immobilier Nexity. Autant d'acquisitions qui donnent un poids croissant à la structure de tête.
Des banques populaires fédérées à la Caisse centrale
Côté Banque populaire, l'évolution n'est guère différente. Le groupe a longtemps fédéré, de manière très souple, des banques coopératives créées pour la plupart au début du XXe siècle, avec la bénédiction de la puissance publique, afin de permettre aux PME d'accéder à un crédit que les grandes banques capitalistes leur refusaient. Les différentes banques populaires se sont progressivement rapprochées pour constituer un groupe. A côté de la Chambre syndicale, association loi de 1901 fondée durant l'entre-deux-guerres afin de donner une représentation politique du mouvement, une Caisse centrale est créée sous l'impulsion du gouvernement de Léon Blum. Elle assure une solidarité financière entre banques fédérées, ce qui leur permet d'offrir un crédit moins cher et de mieux répartir les risques. Ces organes centraux ne se renforceront fortement qu'à la fin des années 1990, avec la mise en place d'une plate-forme informatique commune et le développement d'activités de banque de financement et d'investissement.
A en croire l'histoire animée présentée sur le site officiel de la Banque populaire (1), la prise de contrôle de la banque d'affaires Natexis, en 1998, marque un moment essentiel dans le développement du groupe. Elle lui permettant de devenir le "premier groupe mutualiste à détenir une société cotée en Bourse", apte à offrir la panoplie de services attendue par les "grands groupes internationaux"...
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(cc) Kessiye


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