Article publié le 23/07/09 par MyCoop
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Comment investir plus solidaire ?
[Tessolidaire]
Nouvellement créé à l'initiative du Crédit coopératif, le Club des investisseurs solidaires a pour ambition de rapprocher les entreprises de l'ESS de sources de financements plus solidaires, existantes ou qui pourraient le devenir. Les financements solidaires en émergence, auxquels les organisateurs pensent plus particulièrement, sont les fonds d'épargne salariale solidaire (voir la Lettre n° 172).
Présents obligatoirement dans tous les PEE (plans d'épargne entreprise) par la grâce de la loi de modernisation économique, ils pourraient permettre, dès l'an prochain, un boom des investissements solidaires, que n'avaient pas provoqué les PERCO (plans d'épargne retraite collective). Jusqu'à présent, les contraintes légales faisaient aussi qu'aucune entreprise solidaire ne pouvait recevoir ces fonds, sous peine de les voir prendre le contrôle direct de l'entreprise !
C'est pourquoi, comme l'a rappelé Pierre Valentin, directeur au Crédit coopératif, les fonds investissaient dans des entreprises assimilées solidaires, comme France active, l'Adie ou Habitat et humanisme. La cible de ces intermédiaires est surtout constituée d'entreprises d'insertion, alors que les acteurs de l'ESS souhaiteraient voir d'autres bénéficiaires, comme les nouvelles entreprises sociales.
Par ailleurs, d'autres financeurs solidaires, comme Garrigue, aimeraient être mieux répertoriés dans les PEE. En attendant de voir les périmètres des investisseurs solidaires se modifier, les entrepreneurs sociaux présents au Club ont redit l'importance pour eux de financeurs, qui font un arbitrage différent de leurs collègues entre la solidarité et la prise de risque financière.
Les entrepreneurs de l'ESS sont généralement dans deux cas de figure : soit ils n'ont pas trouvé de financements auprès des banquiers de la place, soit ils ont décidé d'avoir le montage financier le plus éthique possible. Cette deuxième hypothèse a été celle de la Scic Websourd à sa création en 2001 ; elle a associé à l'origine une Cigales, IES, une coopérative de capital solidaire, la Fondation des Caisses d'épargne, Choix solidaire du Crédit coopératif, etc. François Goudenove, gérant de Websourd, incite les investisseurs solidaires à financer la recherche-développement, ce qui manque aujourd'hui aux entreprises sociales des nouvelles technologies. De son côté, Jean-Marc Borello, délégué du groupe SOS, pointe les besoins d'investissements solidaires à grande échelle, pour atteindre une taille critique sur des projets où l'ESS est en concurrence avec le privé. Le groupe SOS a décidé de faire appel désormais, ce qu'il ne faisait pas jusqu'à présent, aux financements solidaires, y compris pour des projets immobiliers. Ce premier Club des investisseurs solidaires a eu le mérite de montrer qu'il n'était pas si simple d'investir dans des sociétés non cotées et qu'il y a certainement besoin de personnes sensibilisées à ces questions, à l'interface de la solidarité et de la sphère financière.
www.websourd.coop


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