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Article publié le 31/07/10 par MyCoop

Des associations de bénévoles aux entreprises associatives

[Tessolidaire]

Associations : des entreprises comme les autres ? Le club Asso-Emploi n'a pas craint les sujets brûlants pour ses premiers débats organisés début juillet à Paris. Cette année, la CPCA s'est fait plusieurs fois l'écho de ces discussions, sur fond de réforme des collectivités locales, de crise des déficits publics et de directive européenne « Services » (voir la Lettre de l'économie solidaire n° 211).

Pour Matthieu Hély, sociologue à l'Université de Nanterre, il y a bien une tendance de fond : « depuis 30 ans, on est passé d'associations de bénévoles à des entreprises associatives, même si certains secteurs sont encore majoritairement fondés sur le bénévolat ». Reste à mesurer si, ce faisant, on ne passe pas du côté obscur de la force... Adopter les logiques de l'entreprise a quelque chose de positif, si la professionnalisation et les compétences s'améliorent au service des usagers, estime Nicolas Froissard, directeur général adjoint du groupe SOS. On arrive rapidement aux premières failles, quand la logique de l'appel d'offres se substitue aux conventionnements, c'est-à-dire que les spécificités des réponses associatives commencent à se diluer dans l'économie marchande, en les poussant à rechercher des marges face à leurs concurrents.

Pour Matthieu Hély, une dernière étape est même atteinte lorsque le travail dans le secteur associatif devient une variable d'ajustement, avec son lot de contrats précaires (deux fois plus que dans le secteur classique), d'écarts de rémunération ou de temps partiels contraints. Selon Eric Forti, nouveau président de la CRESS Ile-de-France, il faut évidemment arriver à maintenir la qualité de l'emploi, avec un statut d'employeur de l'ESS qui commence tout juste à émerger, avec une meilleure représentation des salariés et avec des relations à clarifier entre bénévoles et salariés. Les associations doivent rester un lieu pour pouvoir travailler autrement.

On le voit, il faut pourtant lutter pour maintenir les valeurs associatives, faites de non-lucrativité, de désintéressement, d'implication des diverses parties prenantes. Et bien sûr encore plus avec les contraintes qui ne cessent d'encercler les associations : budgets en baisse, besoins d'évaluation renforcés, encadrement juridique plus fort. Alors est-ce que le statut associatif qui reste une particularité française saura résister à ces attaques de l'économie libérale ou va-t-on assister à la naissance de nouvelles entreprises à but social ?

Source : Tessolidaire

cc

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