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Article publié le 04/01/10 par MyCoop

Franchise sociale : un nouveau modèle de développement ?

[Julie Martinat pour My Coop]

Qui a dit que l’entrepre-neuriat social devait se cantonner à un développement local ? Certes, les entreprises d’intérêt général offrent des services de proximité adaptés à un besoin local, mais ce besoin est bien souvent présent sur d’autres territoires. L’organisation en réseau de franchises est alors une solution pour faire grandir l’entreprise, même à vocation sociale. C’est l’avis du Réseau européen de franchise sociale créé en 2007 et soutenu par le programme Equal mis en œuvre par la commission européenne entre 2003 et 2008. Issus de 7 pays d’Europe, dont la Grande-Bretagne, la Suède et l’Italie, les membres du réseau militent pour promouvoir ce modèle au sein du secteur social.
En Italie, par exemple, l’un d’entre eux, Le mat a constitué un réseau d’hôtels qui emploient des personnes en situation d’exclusion sociale (après un passage en hôpital psychiatrique notamment) et défendent un tourisme responsable et respectueux de l’environnement. Les hôtels sont montés sous forme de coopérative et l’association « mère » les accompagne en matière d’organisation, de recrutement ou encore de communication. La mutualisation des ressources et des expériences permet à l’association de développer une vingtaine de projets dans tout le pays.

Et en France ?
En France, le modèle le plus développé du réseau dans le secteur de l’économie sociale reste celui de la fédération d’associations, le lien entre les différentes structures locales et la tête de réseau étant plus ou moins souples, et le contrôle plus ou moins important (1). L’objectif, dans tous les cas, est bien de dupliquer un concept qui fonctionne pour faire bénéficier de son utilité à d’autres territoires, ce que font des réseaux comme Emmaus, les jardins de Cocagne, ou Uni-cités, pour ne citer que trois exemples.

Même s’il on est parfois très proche du modèle de la franchise, le mot est peu utilisé par les entrepreneurs sociaux français, du fait, peut-être, de sa connotation commerciale. Certains l’osent pourtant, comme Aetes Environnement, qui se présente comme la première franchise de propreté à objet social. Créé à l’initiative du groupe de propreté Augias et de l’Association de sauvegarde et de promotion de la personne (ASPP) d’Agen, elle a pour objectif de favoriser l’insertion par le travail des personnes en difficultés et handicapées en proposant des prestations de nettoyage dans le respect de l’environnement. Le projet est récent, mais une dizaine de projets sont déjà actuellement à l’étude. L’avenir dira si ce modèle séduit durablement les structures d’insertion auxquelles il est destiné et si cette initiative essaimera à son tour, faisant entrer le terme « franchise sociale » dans le vocabulaire de l’économie solidaire française.

 (1) voir la modélisation proposée par l’étude « Changer d’échelle : dupliquer les réussites sur de nouveaux territoires : une voie pour développer l’entrepreneuriat social », Geraldine Chalencon et Anne-Claire Pache, avec la collaboration de Sophie Caillat et Christian Valadou.

Pour en savoir plus :
http://www.aetes.net/
http://www.lemat.it/
http://www.socialfranchising.coop/

Crédits photo : http://www.flickr.com/photos/kupkup/2984021962/

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