Article publié le 05/02/09 par MyCoop
Indicateurs et repères de développement humain durable
[Alternatives Economiques]
J’ai participé pendant trois jours à Lyon aux Assises Nationales du Développement Durable (voir le blog spécifique de la rédaction d’Alternatives économiques).
Grosse affluence, débats toniques, fort peu de positions « molles ». On m’y a demandé une synthèse en dix minutes de vingt heures de débats nombreux et denses sur l’un des trois grands thèmes de ces Assises. Voici la version écrite de cette synthèse dont le contenu provient à 90 % des débats.
Dans les débats qui ont eu lieu, les « nouveaux repères » pour changer radicalement de cap ne sont pas seulement des indicateurs, ce sont plus généralement des énoncés, des mots et des règles en prise directe sur l’action.
1. Les deux principales exigences des participants sont les suivantes, en commençant par la deuxième. Il nous faut des indicateurs qui portent sur les finalités : le bien-être, les équilibres écologiques, une bonne société, le développement humain durable (DHD), les temps de la vie, les finalités de l’entreprise… et non sur le PIB et sa croissance, qui ont de moins en moins à voir avec le bien-être durable, voire qui ont contribué à nous enfoncer dans la crise.
C’est explicitement ce qu’écrira J. Stiglitz en présentant son rapport en avril. Mais l’exigence n°1, exprimée dans tous les ateliers, est que la réflexion, la mise au point et l’usage de ces nouveaux indicateurs et plus généralement des nouveaux repères relèvent d’instances citoyennes et d’institutions nouvelles, du local au global, associant toutes les formes de connaissance et d’expertise, des plus pointues techniquement jusqu’à « l’expertise du vécu » de chacun. Y compris en admettant que les gens qui semblent les plus démunis et les plus pauvres en revenus sont porteurs de connaissances et riches d’idées indispensables pour définir des indicateurs et des repères pour la société.
Il faut certes en finir avec la dictature du PIB et avec celle des actionnaires, mais d’abord il faut en finir avec le monopole des experts institutionnels, économistes en tête, sur les indicateurs et repères de progrès, tout en continuant à bénéficier de leurs apports, mais sans leur accorder plus de poids qu’à d’autres. « Tous experts pour de nouveaux repères du DHD », mais sans démagogie, cela implique des dispositifs nouveaux de débat, de formation réciproque, et des initiatives massives dans l’éducation nationale, dans l’éducation populaire et dans la formation professionnelle.
Il nous faut donc des engagements de mise en place de tels dispositifs de la démocratie des repères. Cela va des conférences de citoyens jusqu’aux conseils de développement et assemblées de territoires, par exemple dans le cadre des agendas 21, en passant par les CESR, communautés, villes, etc. Et cela devrait aller jusqu’à une commission pluraliste des comptes nationaux du DHD, avec un rapport annuel au Parlement, des publications régulières, et de semblables commissions dans toutes les régions.
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