Article publié le 13/02/10 par MyCoop
Interview de Didier Perréol, PDG d'Euro-Nat
[Féminin Bio]
Didier Perréol a créé Euro-Nat en 1988, alors que le bio ne courrait pas les rues. Précurseur ? Certes, mais surtout ardent défenseur de la planète ! Engagé, il s’efforce de faire du développement durable une réalité dans son entreprise… Avec succès. Rencontre.
1. Pouvez-vous présenter brièvement votre parcours ?
Grâce à un père agriculteur, j’ai toujours eu un contact particulier avec la terre. J’y suis très attaché. Je me suis lancé dans le commerce de produits bio et diététiques en autodidacte. J’ai ainsi ouvert 4 magasins dans les années 1980 et j’ai compris en travaillant qu’il fallait que je regroupe une offre produits en résonnance avec mes convictions et qui répondrait à une demande qui se faisait de plus en plus sentir. C’est là l’origine de la création d’Euro-Nat, en 1988.
2. Présentez-nous Euro-Nat, qui a fêté ses 20 ans en 2008…
Euro-Nat est aujourd’hui une société de 87 personnes dont l’objet est de fabriquer, conditionner, et mettre sur le marché des produits alimentaires et non alimentaires biologiques. Nous avons désormais plus de 2500 références et 1800 clients magasins spécialisés. La réussite d’Euro-Nat est basée sur des convictions fortes liées à la nécessité d’une alimentation saine conjuguée au développement de produits respectueux pour l’homme et l’environnement. Grâce à une chiffre d’affaire en hausse (+ 20%, soit 52,2 M€ en 2009), nous nous donnons les moyens d’innover et de développer des produits attendus par le consommateur, sensible aux maux de notre société (surconsommation, pollution, qualité, éthique…).
3. Comment faites-vous vivre le développement durable au sein de votre entreprise ?
Nous avons élaboré plusieurs plans pour toucher les principaux domaines du développement durable : énergie, déchets, carbone, eau mais aussi questions sociales. Nos équipes se sont vraiment impliquées et cela a permis de faire de grandes avancées dans ces domaines, avec des résultats substantiels pour l’environnement. Nous avons ainsi mis en place une éolienne, des panneaux solaires, des plantations d’arbres, organisé la récupération des eaux de pluie, le tri des déchets poussé avec des compacteurs, et converti le restaurant d’entreprise au bio.
Dans le prolongement de nos activités, nous avons créé une fondation d’entreprise NATURE VIVANTE qui est la mise en œuvre de nos convictions. Nous souhaitons donner du sens à nos actes et travaillons surtout dans le domaine de l’éducation à l’alimentation avec un travail particulier vers les enfants, le développement de l’agriculture biologique, la conservation de semences, l’éco-construction… Nous soutenons des projets très divers et sommes aussi à l’initiative de nombreuses actions comme les « Journées de l’alimentation bio » qui sont un rendez-vous annuel avec la présence de sommité en la matière et de politique.
4. Une partie de votre action s’oriente vers le commerce équitable. Est-ce la suite logique de votre implication dans le domaine du bio ?
Le commerce équitable a toujours été une valeur fondamentale d’Euro-Nat. Nous avons cherché dès le départ à établir des accords inscrits dans la durée. Ainsi, la création de notre filière Quinoa Bolivienne, initiée en 1990, était déjà basée sur cette logique. Aujourd’hui nous accentuons notre démarche avec une forte implication Bio Solidaire, acteurs Nord-Sud. Il s’agit plus d’une formalisation, car de nombreux partenariats existent déjà.


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