Le réseau des acteurs
de l'économie humaine.
S'inscrire
 
 
Retrouvez l'actualité de l'économie humaine.
 
 
 
 
 
 
 
 

Article publié le 03/12/09 par MyCoop
nb de commentaire: 1

La poussée des monnaies locales

[Reporters d'Espoirs pour MyCoop]
Au Brésil, on en recense 47. Au Venezuela, 3 600.  Après avoir fait leurs preuves en Amérique Latine, les monnaies locales s'installent en Europe. Censées revitaliser les économies locales, elles permettraient notamment à la richesse produite sur un territoire d'y rester pour en alimenter la croissance. En France aussi?

Dans la métropole de Fortaleza au Brésil, les monnaies locales sont…monnaie courante. La première d'entre elles est née en 1998, dans la favela de Palmeiras. Son initiateur, Joaquim Melo, "chercheur populaire", était parti d'un constat : "La favela s'appauvrit car son argent profite à des producteurs situés à l'extérieur de la communauté. Et cela alors que 90 % des biens de consommation pourraient être produits sur place". Solution : créer un réseau de producteurs et consommateurs qui échangent grâce à une monnaie valable uniquement à l'intérieur du territoire de la favela. Au Brésil, l'utilisation des monnaies locales génère 28 000 transactions par an pour un montant de plus de deux millions de reals. Ce système intervient tout au long de la chaîne de valeur : du microcrédit qui permet au producteur de se lancer jusqu'aux paiements autour des étals du marché.

Les monnaies locales débarquent sur le vieux continent

Curieusement, c'est en Grande-Bretagne, pays où l’attachement à la monnaie nationale est le plus fort que les monnaies locales ont le vent en poupe. Depuis le mois de septembre, la livre sterling de Brixton vient de s'installer dans la banlieue Sud de Londres. A l’origine de cette initiative, l'antenne locale du réseau des Transition Towns a réussi à rallier 70 magasins, cafés, pubs. Disponibles auprès de magasins qui font office de bureau de change, quelques 40 000 billets ont été tirés.

En France, le Sol cherche sa place

De l'autre côté de la Manche, le projet des monnaies locales – ou complémentaires, comme on préfère les appeler dans l'Hexagone – s'est concrétisé à partir de 2005. Soutenu par le Crédit Coopératif, la Macif et Chèque déjeuner, un réseau s'est constitué dans cinq régions (Nord-Pas de Calais, Bretagne, Ile-de-France, Rhône-Alpes et Alsace). Moderne, ce système qu'on appelle "Sol coopération" ne prévoit pas l'utilisation de billets mais d'une carte à puce détenue aujourd'hui par   
4 000 titulaires. On est cependant loin des exemples étrangers. D'abord dans la finalité : "La priorité du sol coopération est de soutenir un réseau de commerçants bios et équitables", explique Yann Clavreul, coordinateur du réseau en Bretagne. D'où un fonctionnement qui pourrait rappeler celui des cartes de fidélité. En effet, actuellement les adhérents ne peuvent pas échanger des euros contre des Sols. Le seul moyen d'étoffer leur compte est de faire des achats dans l'un des 100 magasins membres du réseau pour gagner des crédits Sol. Combien? C'est à chaque commerçant de fixer ses critères. Il peut aussi décider sur quels types de biens accepter des paiements en Sols et convertir ses crédits en euros auprès du bureau Sol local (taux fixe, valable aussi pour les clients, de 10 Sols = 1 €). Dans l'agglomération grenobloise, là où le "Sol coopération" est le plus développé, il y a eu 2 000 transactions en 2009. Sur la base des 1 000 détenteurs de cartes dans la région, cela signifie en moyenne deux transactions par an et par titulaire dans la trentaine de commerces adhérents. Un démarrage calme pour une monnaie qui cherche à devenir une référence pour l'économie sociale et solidaire nationale.

Andrea Paracchini
Agence d'Informations Reporters d'Espoirs

Sur le net:

www.banquepalmas.fr

www.brixtonpound.org

www.sol-reseau.org

 

Commentaires

Posté le 03/12/2009 par Pierrick L

Quelques precisions depuis le Venezuela qui est un vrai laboratoire d'initiatives d'economie alternative au niveau micro( cf nouvelles formes de production "sociale" au sein des communautes), tout comme macro vis a vis de l'integration Sud-Sud.

Ici l'existence de monnaie locale a tout a voir avec les systemes de "trueque" (trocs) qui sont considerees comme des alternatives economiques pour un groupe reduit de personnes. Il concerne a la fois l'echange de produits et de services. Cela peut se passer de deux facons: soit on echange un produit contre un autre produit ou service ( ou inversement) soit on passe par une monnaie d'echange locale ou une "fiche communautaire" (l'utilisation du terme "fiche" renvoit au passe colonial du pays, a savoir que les pionniers echangaient les esclaves par le biais de "fiches").

La monnaie d'echange locale n'elimine pas la devise nationale, la valeur du produit s'etablit selon les avis de la "coordination de controle et de qualite" de la communaute pratiquant le troc. L'idee c'est que les consomateurs sont aussi producteurs, un defi auquel s'attaquent certaines communautes organisees en conseils communaux.