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Article publié le 23/05/09 par MyCoop

La success story d’Ethiquable

[Terra Eco]
Co-fondateur et gérant d’Ethiquable, une société coopérative de production devenue en 5 ans le n°1 du marché du commerce équitable alimentaire en grande distribution, Rémi Roux revient sur son parcours.

1. En 5 ans, vous avez réussi à vous imposer et à vendre principalement en grande surface 130 produits labellisés Max Havelaar. Comment avez-vous fait ?

Nous sommes partis de produits bruts achetés aux coopératives, comme le cacao, puis nous avons développé des produits composés. Acheter des produits semi-finis à nos coopératives nous a permis de réduire les intermédiaires, donc aussi les prix. Nous avons également étendu notre clientèle : au départ nous proposions une gamme de produits alimentaires dans les magasins, dont la grande distribution, puis nous avons lancé une gamme pour les collectivités avec des repas équitables vendus dans les cantines scolaires. Nous avons ensuite eu des demandes de la part d’entreprises de distributeurs automatiques, de stations-service. Aujourd’hui, nous sommes donc en train de développer une gamme de produits adaptés, avec par exemple des mini tablettes de chocolat. En 2008 nous avons réalisé 18,5 millions d’ euros de chiffre d’affaires. Après de belles années de forte progression, notre croissance a stagné l’an dernier en raison notamment de l’arrivée des marques de distributeurs (MDD) des grandes surfaces qui ont pris 25,7% des parts de marché.

2. Les acteurs du commerce équitable peuvent-ils se regrouper face aux marques de la grande distribution ?

Il existait historiquement des magasins solidaires comme Artisans du monde. Puis la grande distribution est arrivée et a pris 80% du marché des ventes de produits équitables dans la mesure où il n’y a pas de réseau bien établi dans les petites boutiques, contrairement aux magasins bio. Les coopératives bio sont très structurées, elles se sont bien développées depuis 30 ans et aujourd’hui, la grande distribution ne représente que 40% des ventes de produits bio. Il faudrait donc arriver à professionnaliser les chaines de commerce équitable. Or Artisans du monde est un réseau associatif composé de beaucoup de bénévoles. Ils ne sont donc pas forcément très dynamiques dans l’ouverture de magasins. On commence à voir apparaitre des chaines professionnelles comme Alter Mundi, qui vont pouvoir rapporter en France des produits textiles et de l’artisanat. Les boutiques ont une vraie opportunité de se spécialiser, mais les démarches sont encore trop liées à des acteurs isolés. Il ne faudrait pas que les MDD prennent la place des marques nationales, comme cela s’est passé dans le
secteur des jus de fruits.

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