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Article publié le 05/04/11 par MyCoop

Le futur de la banque

[INTERNET-ACTU]

Quel est l'avenir de la banque ? Nicolas Guillaume tente de regarder l'évolution de la banque de détail. Quels nouveaux services peut-on encore imaginer. […]

>> A lire sur son site :
« Il m'est souvent arrivé de discuter du futur de la banque avec de nombreuses personnes (avec une variante : comment la banque peut-elle innover ?). Je ne citerai que Sylvain Fagnent d'Octo et Raffa Elhafi d'Ananké Partners (aussi auteur d'un article dans la Expansion Management Review) qui ont partagé leurs visions respectives dans leurs blogs. Et j'ai voulu aussi me livrer à l'exercice.

Sur le domaine, je vous recommande aussi les blogs de SIA, Insiden, TekFin et C'est pas mon idée.

Qu'est-ce qui caractérise la banque de détail ? :

•    C'est une activité de distribution comme n'importe quel autre distributeur mais portant sur des produits financiers
•    Derrière, il y a de grosses usines à processus complexes pour fabriquer les "produits"
•    C'est un secteur très règlementé à structure oligopolistique, ce qui a un impact déterminant sur la dynamique concurrentielle du marché.

Commençons par la distribution. Même si on a l'impression que les agences bancaires sont restées les mêmes, celles-ci ont significativement évolué. Dans un marché de nécessité (il n'est pas possible de se passer d'une banque) et de faible différenciation sur les produits (un compte bancaire reste un compte bancaire), la dynamique concurrentielle a d'abord porté sur le passage d'une logique administrative (les clients sont obligés de venir) à une logique de maximisation de la proximité et de l'exposition aux clients.

Des statistiques ont montré que la pratique religieuse était directement corrélée à la proximité géographique d'une église. C'est la même chose pour les banques qui ont suivi la même dynamique concurrentielle que les opérateurs telecom lors de l'ouverture du marché :

•    Nouvelles implantations et réimplantation des agences pour suivre les évolutions socio-démographiques (par exemple en installant des agences dans les centres commerciaux)
•    Modifications des plages d'ouverture pour coller aux usages des clients (rappelez-vous les agences ouvertes le samedi ou jusqu'à 20H, c'était une révolution en son temps)
•    Expérimentation ou développement de nouveaux formats d'agence plus conviviaux et plus attirants pour les clients (suppression des "guichets" au profit d'espaces ouverts, aménagement "d'espaces conseil", ouverture d'agence "flagship" ou expérimentation de nouveaux concepts d'agence (Foncier Home, BNP Paribas 2 Opéra, Crédit Agricole Alpha Projet et Agence de Chartres,...).

Les agences se sont aussi débarrassées des activités transactionnelles (demande de solde, remise de chèque, retrait d'argent,…) au profit d'espaces libre-service au sein des agences et à distance, notamment sur internet. Cette approche commence aussi à être développé dans l'information ou la pré-qualification commerciale avec les dispositifs d'interactivité et de "tactilité".

Du coté des usines, la transformation a aussi été très profonde :
•    Unification, refonte et extension des systèmes d'information (par exemple l'actuel projet "Nice" d'unification des SI du Crédit Agricole)
•    Industrialisation des activités (dématérialisation des titres, traitement des images-chèques,…)
•    Consolidation des activités pour atteindre des tailles critiques (conservation de titres,…).

Concernant la règlementation, on dit souvent que l'innovation bancaire vient de la règlementation. Le suivi et la mise en conformité avec la règlementation représentent, en effet, une part significative des efforts d'évolution des banques et le secteur en est très appétant (loi Lagarde sur le crédit, récapitulatif des frais bancaires, réforme de l'assurance-vie à venir,…).

Les évolutions les plus structurantes portent sur :
•    La connaissance client ("Know Your Customer"). Pas du tout dans la perspective commerciale que vous imaginez mais pour le contrôle des flux financiers et l'antiblanchiment. Depuis le 11 septembre 2001, les gouvernements occidentaux ont décidé qu'il valait mieux se battre contre le terrorisme et la fraude au niveau du portefeuille plutôt que de mener des guerres sans fin. Al Capone a bien été mis en prison pour fraude fiscale !
•    Les dispositifs prudentiels et de contrôle des risques hérités de la crise financière mais qui impactent la capacité des banques à distribuer des prêts.
•    MIFID (Markets in Financial Instruments Directive, dite aussi MIF : Marché des Instruments Financiers). Contrairement à ce que le nom le laisserait penser, il ne s'agit pas que de l'organisation des marchés, des MTF (Multilateral Trading Facilities) et des dark pools qui taillent des croupières aux bourses traditionnelles ou du trading à haute fréquence. Il s'agit aussi de la qualification des investisseurs individuels (ceux qui achètent des produits de placement dans les banques) et les règles d'éligibilité et d'information sur ces produits.
•    SEPA (Single European Payment Area) qui unifie les services et les règles de paiement sur la zone européenne. SEPA est souvent vu comme un sujet d'adaptation technique et juridique par les banques alors qu'il introduit des possibilités étendues de développer des nouveaux services à partir des comptes bancaires. Il n'est pas anodin que le premier acteur a obtenir le nouveau statut d'opérateur de paiement SEPA (Payment Service Provider) en France ait été Aqoba, un fournisseur de solution affinitaire.

La règlementation regorge d'autres sujets intéressants. Par exemple, l'introduction du fichier positif qui porte en potentiel la transparence et la comparabilité des conditions de crédit, c'est-à-dire de la concurrence et, contrairement à ce que l'on laisse penser, pas seulement sur la prévention du surendettement.

La règlementation est-elle à l'origine d'innovations produit majeures ?
Difficile de trouver des illustrations à cette question. Il faut dire que comme la règlementation s'applique uniformément à toutes les banques, il est difficile d'en faire un levier de différenciation.
Si l'on regarde sur les dernières années ce sur quoi les banques ont le plus communiqué en terme d'innovation produit, c'est...le livret A ! (lors de sa généralisation à toutes les banques - une innovation règlementaire). SEPA porte aussi en germe des éléments de désintermédiation bancaire (voir ci-après).


D'ailleurs, y a-t-il des innovations majeures (de rupture) dans la banque ?
Si vous posez cette question à un banquier, il vous parlera probablement de la Carte Bancaire, des DAB (Distributeurs Automatiques de Billets) ou de la souscription des crédits sur le lieu de vente (débutée avec le minitel) - exemples réels et effectivement de rupture mais datant un peu -.

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Source : http://www.internetactu.net/2011/03/28/a-lire-ailleurs-du-21032011-au-28032011/

cc

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