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Article publié le 11/03/10 par MyCoop
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L'entreprise associative fait entendre sa voix

[Tessolidaire]
Le feuilleton continue. Après l'entrepreneur social (qui cherche à mettre les plus-values économiques au service de plus-values sociétales) et après l'entrepreneur populaire (qui cherche avant tout à créer sa propre activité), voici venir l'entrepreneur associatif.

En reliant deux termes qui paraissent encore antinomiques à certains, la CPCA (Conférence permanente des coordinations associatives) a souhaité réaffirmer, à l'issue d'un groupe de travail, qu'il était possible d'« entreprendre au service de l'intérêt général avec les associations ». Hubert Allier, vice-président de la CPCA, a indiqué que les associations voulaient reprendre la parole sur ces thèmes dans un contexte de négociations financières délicates avec les pouvoirs publics et d'incertitudes nées de la mise en route de la directive européenne sur les services sociaux d'intérêt général.

Pour réfléchir à l'entreprise associative, la CPCA a invité la semaine dernière deux sociologues et économistes, Danièle Demoustier et Jean-Louis Laville. Danièle Demoustier établit tout d'abord que l'entreprise associative a sa place dans une économie plurielle et que « les statuts ne sont ni neutres, ni magiques » ; dans ce cadre, des associations prennent des outils économiques comme moyens de fournir à des usagers des biens et des services d'intérêt général. A partir de ce socle, Jean-Louis Laville pense qu'il y a trois scénarios possibles pour l'entreprise associative : la rationalisation bureaucratique (id est un service public au rabais), l'instrumentalisation dans un capitalisme moralisé (social business) ou une alliance renouvelée entre la société civile et les pouvoirs publics.

Comme il le développe dans son dernier livre Politique de l'association (Seuil), il pense qu'un des enjeux de ce siècle sera fondé sur les relations entre les associations et la société civile. Et du coup, les deux chercheurs ne voient dans l'émergence des deux autres formes d'entrepreneur social et d'entrepreneur populaire que des phénomènes de mode. Danièle Demoustier juge que si l'entrepreneuriat social veut socialiser les entreprises lucratives, la démarche est intéressante, mais qu'elle est plus problématique s'il s'agit de privatiser l'entreprise associative, qui veut bien être dans l'économie, mais pas forcément dans le marché. Sur l'entrepreneuriat populaire, elle s'étonne que la création d'entreprises par des personnes en difficulté fasse consensus aujourd'hui, alors que, proposée par le gouvernement Barre, elle avait provoqué une levée de boucliers.

Depuis, elle reconnaît qu'on distingue mal l'entreprise associative d'une entreprise marchande, alors qu'il y a vingt ans, on distinguait peu associations et services publics... C'est bien pour cela que les associations veulent réaffirmer leur identité et leur volonté d'entreprendre autrement. Au-delà des querelles sémantiques et statutaires, l'ensemble des acteurs, anciens et nouveaux, sera peut-être d'accord pour reconnaître la richesse d'avoir une pluralité de formes économiques et la nécessité de continuer à se connaître et à se reconnaître, comme y invite Jean-François Draperi, dans le dernier numéro de la Recma (tout en étant assez critique par ailleurs sur le site de la revue in L'entrepreneuriat social, un mouvement de pensée inscrit dans le capitalisme, http://www.recma.org/node/97). Au reste, à chacun de choisir la forme la mieux adaptée à ses objectifs, économiques, sociaux ou politiques. Ce que la CPCA appelle joliment « l'économie du projet plutôt que le projet de l'économie ».
www.cpca.asso.fr

Source : Tessolidaire

(cc)

Commentaires

Post� le 27/04/2010 par Recma

l'article de JF Draperi est consultable ici
http://www.recma.org/node/974