Article publié le 16/02/09 par MyCoop
Les Européens doivent faire des propositions à Obama
[Alternatives Economiques]
Les pays européens ne peuvent se contenter d'attendre de voir ce que le président peut avoir à leur proposer. Ils doivent prendre les devants, en matière de protection sociale, de régulation économique et de politique étrangère notamment.
Par Christian Lequesne, directeur du CERI à Sciences Po. Christian Lequesne a récemment publié La France dans la nouvelle Europe. Assumer le changement d'échelle, Presses de Sciences Po, coll. Les Nouveaux Débats.
En partenariat avec le Centre d'Etudes et de Recherches Internationales (CERI)
Dans l'ensemble, les Européens ont accueilli avec enthousiasme l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. Le nouveau Président représente la fin de l'ère Bush peu respectueuse du multilatéralisme. Il suscite aussi la fascination des Européens pour l'arrivée au pouvoir de la diversité, celle-là même qu'eux ont encore du mal à honorer. Serait-on disposé en France ou en Italie à élire un chef d'Etat ou de gouvernement ayant un père africain? Rien de moins certain.
A l'égard de Barack Obama, les Européens sont aussi dans une situation d'attente positive : que pourra-t-il proposer de différent de Bush en matière de commerce, de régulation financière, de politique étrangère ? Mais ne serait-il pas judicieux que les Européens retournent la question et se demandent aussi : que l'Europe pourrait-elle proposer à Obama ?
La crise financière est née aux Etats-Unis. Elle a eu des effets (plus ou moins dévastateurs) sur les pays européens. On constate néanmoins que ces derniers ont mieux limité les dégâts sociaux que les Etats-Unis parce qu'ils consacrent plus de dépenses à la protection sociale (26,9% du PIB en 2006).
Un meilleur accès à la santé, une retraite pour les personnes âgées, et des revenus de solidarité pour les plus démunis sont des attentes fortes pour l'électorat de Barack Obama. Ce sont ces politiques mêmes que les Européens ont pratiquées depuis la fin de la guerre avec leurs Etats-Providences. Ils n'y ont jamais complètement renoncé (même en Grande-Bretagne, contrairement à une idée assez répandue en France).
Proposer à Barack Obama d'en inscrire les principes comme faisant partie intégrante de l'économie de marché moderne est une première action qui devrait animer les Européens.
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