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Article publié le 13/12/09 par MyCoop
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Les mille et un jardins de l'économie solidaire

[Tessolidaire]
Les jardins sont désormais des lieux reconnus pour l'insertion économique et sociale (voir la Lettre de l'économie solidaire n° 185). Le collectif Jardins d'insertion en Ile-de-France (qui regroupe la Fnars, le réseau Cocagne, Graine de jardins et Chantier-école) en a dressé un panorama dynamique, lors du colloque qui vient de se tenir au Conseil régional. Les associations partenaires se sont efforcées d'en montrer la diversité, particulièrement entre jardins d'insertion par l'activité économique (sous la forme de chantiers d'insertion) et jardins d'insertion sociale (avec des ateliers de remobilisation), les deux types se retrouvant fréquemment au cœur de jardins partagés (entre habitants, personnes en insertion, écoliers ou personnes âgées).

Sur le terrain, ces expériences d'économie solidaire sont même encore plus variées, comme on l'a vu dans les exemples présentés dans l'hémicycle. Pour Yann Fradin, directeur de l'association Espaces, cela vient non seulement du projet, mais aussi de ceux qui le portent : réseaux d'insertion, collectivités locales ou initiatives citoyennes. Ce sont d'ailleurs souvent des projets co-construits, dans des montages d'autant plus nécessaires que les crédits d'insertion sont en baisse.

A Corbeil-Essonnes, le Jardin potager se voulait jardin pédagogique au départ, avant de basculer dans un outil d'insertion pour trois salariés, qui fournissent 75 paniers bio hebdomadaires. A Cergy-Pontoise, les Jardins font partie du Réseau Cocagne, qui accompagne des personnes en difficulté ; une partie du site est occupée par des jardins familiaux. A Paris, autre modèle encore dans le 20e arrondissement, avec les Jardins Saint-Blaise, qui servent de support d'animation, au départ pour des parents isolés, puis pour d'autres personnes en situation difficile, qui sont seules à consommer les produits cultivés, sans être employées du jardin ; comme les autres jardins du réseau Main verte, c'est un jardin partagé avec les habitants du quartier. Il existe une cinquantaine de jardins d'insertion en Ile-de-France. Les participants estiment qu'il pourrait y en avoir beaucoup plus : ils représentent 14 % du maraîchage bio régional et fournissent 5 000 familles, selon les chiffres de Francine Bavay, vice-présidente du Conseil régional. Les freins sont nombreux : problème d'accès au foncier, besoins en financement pour le démarrage des activités et même vols dans les parcelles (les Potagers de Marcoussis évaluent le préjudice à 60 000 euros pour la seule année 2008). Pour les surmonter, le collectif des Jardins d'insertion, qui existe depuis 2004, a mis en place des journées de formation pour les porteurs de projet, avec succès : 12 jardins en sont issus et 18 autres sont en cours de création. Certains continuent de proposer de nouvelles idées de jardins : jardins intergénérationnels, jardins surélevés pour les personnes handicapées, en lien avec des ESAT, ou jardins suspendus sur des toits de bâtiments !

www.fnarsidf.asso.fr

Source : Tessolidaire

(cc) Shamanic Shift


Commentaires

Posté le 07/12/2009 par Pierrick L

Quelques precisions depuis le Venezuela qui est un vrai laboratoire d'initiatives d'economie alternative au niveau micro( cf nouvelles formes de production "sociale" au sein des communautes), tout comme macro vis a vis de l'integration Sud-Sud.

Ici l'existence de monnaie locale a tout a voir avec les systemes de "trueque" (trocs) qui sont considerees comme des alternatives economiques pour un groupe reduit de personnes. Il concerne a la fois l'echange de produits et de services. Cela peut se passer de deux facons: soit on echange un produit contre un autre produit ou service ( ou inversement) soit on passe par une monnaie d'echange locale ou une "fiche communautaire" (l'utilisation du terme "fiche" renvoit au passe colonial du pays, a savoir que les pionniers echangaient les esclaves par le biais de "fiches").

La monnaie d'echange locale n'elimine pas la devise nationale, la valeur du produit s'etablit selon les avis de la "coordination de controle et de qualite" de la communaute pratiquant le troc. L'idee c'est que les consomateurs sont aussi producteurs, un defi auquel s'attaquent certaines communautes organisees en conseils communaux.