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Article publié le 19/03/09 par MyCoop

L’expérience d’Enda Interarabe: une institution de micro-finance tunisienne

[Elsa Bergamo pour MyCoop]

« On a créé, depuis trente ans, le microcrédit et d’autres services financiers. La microfinance recouvre le microcrédit, la micro-assurance, l’épargne et les transferts dont les pauvres ont besoin. Les sommes unitaires, modiques, n’intéressent pas les banques.

L’objectif est que la microfinance soit partie intégrante des systèmes financiers. La mission principale d’une institution de microfinance est sociale tout en s’efforçant d’atteindre l’auto-suffisance financière pour devenir pérenne.

Enda Interarabe est une ONG internationale, membre de la famille Enda Tiers-Monde, basée au Sénégal. Créés en 1990, nous faisons du microcrédit depuis 1995 car beaucoup de femmes avaient la capacité de développer des revenus, mais pas le premier sou pour le faire. Nous nous sommes spécialisés depuis 2001, parce que nous ne pouvions pas mener de front des activités d’ONG et la microfinance, celle-ci étant de plus en plus complexe.

Notre appui le plus important est l’appui financier, le microcrédit et une sorte d’assurance-décès sur les prêts (remboursement du restant dû, versement d’un capital). L’autre type d’appui, c’est l’accompagnement. L’argent seul ne suffit pas, ce qui n’est pas, pour le moment, la philosophie de la microfinance en général.

Nous avons bénéficié de la solidarité internationale : l’Union européenne et la coopération espagnole, des ONG – particulièrement ICCO (Pays-Bas), Ipade (Espagne), et le CCFD. Nous avons eu ainsi 4,2 millions de dinars dont 2 millions pour le capital.

Nous avons commencé avec 20 000 dollars qui ont fait beaucoup de petits grâce à la solidarité des micro-entrepreneurs entre eux. Ce sont les micro-entrepreneurs eux-mêmes, en remboursant sans faille, qui nous rendent pérennes. Les revenus couvrant les dépenses, nous pouvons mobiliser des fonds, nous refinancer auprès des banques tunisiennes et d’institutions financières internationales. Ainsi, ENDA-IA est indépendante des donateurs. C’est du développement durable.

Notre taux de croissance actuel, de 50 % par an, va se poursuivre, car il y a une énorme demande. Nous estimons à un million de personnes nos clients potentiels, et à 350 000 nos clients actifs en 2012. Notre statut d’ONG ne convient plus, il va falloir créer une banque de droit tunisien pour les micro-entrepreneurs tunisiens. Pour cela, nous aurons besoin d’investisseurs ».

Pourquoi les grandes institutions de microfinance se transforment-elles en banque ?

« Parce qu’il vaut mieux nous refinancer par des investisseurs et pas seulement par des prêts bancaires, parce que ça permet de mobiliser l’épargne, qui sert à refinancer les prêts. Dans le monde, sur les milliers d’institutions de microfinance, 50 ou 60 sont passées d’ONG à banque, avec effet très positif pour les micro-entrepreneurs ».

ENDA en chiffres

52 agences dans les principales villes
500 employés
350 000 prêts
200 millions de dinars  (110 millions d’euros environ) versés
120 000 micro-entrepreneurs (80 % de femmes)
91 000 personnes ont un prêt en cours
Le prêt moyen est de 600 dinars (340 € environ)
Les prêts peuvent aller jusqu’à 5 000 dinars (3 000 € environ)
Taux de remboursement : 99,5 %
Rendement des actifs : 11 %

 

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