Article publié le 12/06/10 par MyCoop
Livre équitable : quels enjeux ?
[Tessolidaire]
Le livre peut-il devenir une nouvelle filière du commerce équitable ? A l'occasion de la Quinzaine, la mairie du 12e arrondissement à Paris s'est demandée lors d'un débat, réunissant des éditeurs, si le commerce équitable concernait aussi les produits culturels.
On sait que les expérimentations dans la musique équitable sont déjà bien avancées avec Fairplaylist ou des plates formes en ligne. La notion est plus nouvelle pour le livre, même si des avancées existent sur la diffusion et la circulation des ouvrages ou sur l'éco-conception (avec le collectif des éditeurs écolo-compatibles, http://www.leseec.org/leseec/). Pour Luc Pinhas, responsable du mastère Edition à l'Université Paris 13, le livre équitable peut être une solution face à la disparité des échanges Nord-Sud ; il a souligné que l'édition africaine francophone n'existait que depuis les années 1990 et que donc pour le moment les flux d'échanges livresques sont très déséquilibrés. Pour parvenir à favoriser la biblio-diversité, l'Alliance internationale des éditeurs indépendants (AIEI) promeut des co-éditions solidaires entre partenaires du Sud, à partir d'ouvrages publiés au Nord et dont les droits sont cédés, pour offrir des prix bas aux lecteurs.
Les coûts peuvent être partagés, a confirmé Bernard Stephan, responsable des éditions de l'Atelier ; pour une de ses collections diffusées des deux côtés de la Méditerranée, la fabrication a été proratisée selon les moyens des éditeurs. Si des relations commerciales plus équitables peuvent donc être mises en place, y compris entre pays du Nord pour des ouvrages d'enquête par exemple, a souligné Laurence Hugues, représentante de l'AIEI, des financements alternatifs peuvent être aussi trouvés. Jacques Remer, trésorier de la Fédération des Cigales a indiqué que certains projets équitables de petites maisons d'édition ou de librairies de proximité pouvaient être aidés par la finance solidaire. Autre dimension du commerce équitable, le plaidoyer est aussi mis en valeur par l'AIEI : défense des petits éditeurs, lutte contre la censure, combat pour le prix unique du livre ailleurs qu'au Mexique ou en France.
Curieusement, lors de cette conférence originale qui a rassemblé des éditeurs sans frontières, c'est le premier maillon de la chaîne qui a été oublié : l'auteur. Comme le producteur de sucre ou de café équitables, l'écrivain n'aurait-il pas besoin lui aussi qu'on fasse attention à ses droits et même qu'on puisse lui verser une prime de développement ? Gérald Godreuil, de la Fédération Artisans du monde a pourtant vu dans les éléments du débat sur le livre équitable les possibilités de création d'une nouvelle filière.
Pour en savoir plus : http://www.alliance-editeurs.org/
Source : Tessolidaire


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