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Article publié le 17/11/10 par MyCoop

Mimétisme ou biodiversité ? Mieux vaut ne pas se tromper tous ensemble : l’utile (im)pertinence de l’économie sociale

La 30e Rencontre nationale du Crédit Coopératif, qui a réuni près de 800 personnes le 6 octobre dernier, a mis en tension mimétisme et diversité des formes d’entreprendre, essence même de l’économie sociale et solidaire.

« Ces questions de biodiversité économique, de régulation par la norme, les banques les connaissent bien » a lancé Jean Louis Bancel, président du Groupe Crédit Coopératif. 

Pierre-Yves Gomez, Professeur à l’EM Lyon, a mis en évidence que nous sommes tous guidés, sur la scène économique, par une attitude mimétique –  moutonnière selon Nicole Notat, Présidente de Vigéo. Sous-estimer le rôle du mimétisme, c’est risquer de se tromper tous ensemble ! Premier sujet de méditation.

Deuxième sujet de méditation : celui qui veut diffuser un modèle doit inviter à l'imitation. Entreprises d'économie sociale, entrepreneurs différents, qu’avons-nous envie de faire imiter par les autres ?

Troisième sujet de méditation : la bataille des normes est celle des avantages concurrentiels. François Ewald, philosophe, professeur au CNAM, président du Conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique,  a montré que l’univers des normes, différent de l’univers mimétique, n’est pas un univers pacifique. Chaque acteur cherche à dominer les autres, imposer aux autres ce qui est lui favorable.
D’où deux questions pour l’économie sociale : n’est-elle pas, parfois, entrée dans des univers normés pour lesquels elle n’était pas faite ?

Car la normalisation portée par des objectifs non concertés avec les personnes, comporte des risques lourds. Johann Priou, directeur de l’Union régionale des œuvres privées sanitaires et sociales (URIOPSS) a démontré le risque d'appauvrissement de la dynamique associative que génère une normalisation standardisée, telle que l'extension aux associations médico-sociales de la procédure publique des appels à projets.

Chantal Chomel, directrice des affaires juridiques de Coop de France (coopération agricole), a souligné que les coopératives ont deux défis à relever, contradictoires en apparence : la proximité ET la mondialisation. Peuvent-elles jouer sur tous les tableaux ?

Pour éviter le conformisme, il faut former des « alter-managers ». « Montrer aux étudiants la diversité du monde est une opération de salubrité, comme le fait de leur montrer les évolutions historiques des modèles d'entreprise » a affirmé Eve Chiapello, co-créatrice de la formation Management Alter à HEC.

De l’aventure que représente le choix de la diversité dans les formes d'entreprendre, a témoigné Gérard Debrinay , président de Algoé, société de conseil qui a 50 ans. « Si l’on prend les critères standards, nous ne devrions pas exister, notre « potion magique », c'est l'engagement des collaborateurs ».

Francis Vercamer, député, auteur du rapport parlementaire «L’Economie sociale et solidaire, entreprendre autrement pour la croissance et pour l’emploi » a témoigné de la richesse qu’il a découverte dans ce secteur, avec ses inévitables contradictions. Des nombreuses propositions de son rapport, il pense qu'en une année un tiers, les plus simples, seront réalisées, qu'il faudra un peu plus pour un autre tiers.

« La biodiversité, au fond,  est le principe fondamental du capitalisme, c'est le principe fondamental d'une société de liberté et de notre civilisation. L'économie sociale  est née au moment de la révolution industrielle alors que naissait le capitalisme moderne. Elle n'était pas en contradiction avec lui, elle en était un complément » a souligné Henri  Guaino, conseiller spécial du Président de la République, venu assurer la clôture de cette matinée.

L'économie sociale, pour sa part, ne se vit pas comme une bulle d'air nécessaire à la bonne santé du capitalisme... Elle porte un modèle qui n'est pas hégémonique mais répond à des attentes, à des besoins. L’économie sociale  se doit de prendre, reprendre, conscience de ce qu'elle porte, et qu'elle donne envie d'être imitée, qu'elle se rende imitable.

Source : Crédit Coopératif

 

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