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Article publié le 12/11/09 par MyCoop
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Observatoire de l’économie sociale et solidaire :

[Julie Martinat pour MyCoop]
Le conseil national des chambres régionales de l’économie sociale a publié, en septembre, l’Altas 2009 de l’économie sociale et solidaire en France et dans les régions. Cette étude est un nouveau pas vers la mesure de l’emploi de l’économie sociale et solidaire.

L’emploi est un enjeu constitutif de l’économie sociale et solidaire. Pourtant les statistiques nationales de l’Insee et de l’agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss-Urssaf) ne permettaient pas d’appréhender de manière fine l’évolution de l’emploi dans le secteur. La création d’un observatoire national de l’économie sociale et solidaire en 2008, à l’initiative du Conseil national des CRES (chambres régionales de l’économie sociale) a changé la donne. C’est un pas en avant important pour le secteur, car il permet d’en mesurer le poids et de préciser certaines caractéristiques de ses emplois et de ses rémunérations. Fondé sur la nomenclature économique normalisée par l’Insee, le périmètre statistique ainsi défini permet d’assurer la compatibilité des données avec des sources diverses. De fait, les sources nationales classiques (1) ont été enrichies par les informations fournies par les différents observatoires régionaux de l’ESS. 

Au moins 10 % des emplois en France
En 2008, on dénombrait ainsi plus de 2 millions de salariés employés dans ce secteur, soit un total de 10 % des emplois du secteur concurrentiel (2). Ce chiffre est le résultat d’une progression constante depuis 2000, qui relève largement de la hausse du nombre d’emplois créés dans les structures associatives. Parallèlement le dynamisme des organisations de l’économie sociale et solidaire mesuré entre 2001 et 2006 est sensiblement supérieur à celui des entreprises traditionnelles. De plus, ces organisations participent considérablement à l’emploi des femmes et des seniors. Cette approche sociale de l'emploi dans ce secteur est renforcée par les politiques publiques en matière de contrats aidés qui incitent les structures, associatives en particulier, à employer des personnes en difficulté. L’économie sociale alors joue un rôle déterminant, d’autant plus, comme le constate Recherche et Solidarité dans son Bilan de l’emploi de 2008, dans les régions ou le contexte économique global est difficile (3).
L’apport des CRES pour la construction d’une analyse fine de ces situations est considérable. En permettant d’établir des comparaisons entre régions, elles contribuent également à mettre en perspective au niveau national les dynamiques qui parcourent le secteur.

Pourtant, l’analyse des données statistiques disponibles laisse un goût d’inachevé. Le périmètre du champ d’étude économique est encore largement dépendant du statut juridique des structures. Or, celles-ci peuvent évoluer au cours du temps, sans pour autant transformer leur vocation sociale et solidaire ou leur modèle de gouvernance. D’autre part, les acteurs indépendants ainsi que les organisations ayant des activités de commerce équitable, d’agriculture biologique, de finance solidaire ou d'insertion par l'activité économique, par exemple, ne sont pas prise en compte par les données de l’Insee (qui ne dispose pas d’une classification adaptée) et donc par l’observatoire.

De fait, même si les acteurs de l’économie sociale et solidaire sont de plus en plus nombreux à apporter leur contribution à cette construction collective du savoir, ce champ d’étude est relativement récent, et a besoin de temps pour se constituer. L’annonce, en septembre, de la création d’une mission parlementaire dédiée à l’emploi dans ce secteur, peut toutefois être interprétée comme un signe prometteur. La réappropriation par le pouvoir politique de cette question aura peut-être pour effet d’accélérer la consolidation des outils d’analyses statistiques disponibles.

(1) source INSEE - DADS (déclaration annuelle des données sociales) et CLAP (connaissance locale de l’appareil productif)
(2) Source : ACOSS STAT, n°81 mai 2009 : le champ couvre l’ensemble des cotisants du secteur concurrentiel qui comprend tous les secteurs d’activité économique sauf les administrations publiques, l’éducation non marchande (établissements d’enseignement relevant de l’Etat ou des collectivités locales), la santé non marchande et l’emploi par les ménages de salariés à domicile, in l’Atlas 2009 de l’économie sociale et solidaire en France et en régions publié par le CNCRES.
(3) Economie Sociale, Bilan de l’emploi 2008 dans l’économie sociale et conjoncture, Recherche et solidarité, 2009

Pour en savoir plus consulter en ligne :
Economie Sociale, Bilan de l’emploi 2008 dans l’économie sociale et conjoncture, Recherche et solidarité, 2009 à l’adresse :
http://www.recherches-solidarites.org/media/library/ESbilan2008etconjoncture-site.pdf

l’Atlas 2009 de l’économie sociale et solidaire en France et en régions publié par le CNCRES à l’adresse suivante :
http://www.lemois-ess.org/upload/gedit/1/file/PDF_atlas/AtlasESSFranceRegionsCNCRES.pdf

Lien vers l’image : www.flickr.com/photos/37651141@N03/3976714638/

 

 


 

Commentaires

Posté le 13/11/2009 par ma-non

Vous rappelez que le public de ce secteur en pleine croissance (10% des emplois!) relève largement des problématiques de l’insertion : femmes, senior, travail en « contrat aidé ». Alors en lisant cet article et notamment sa conclusion sur la "réappropriation par le pouvoir politique de cette question", il m’apparaît que les données de cet atlas sont aussi précieuses que politiquement sensibles !
En tout cas, d’après ce que je peux connaître des critiques émises par certains travailleurs sociaux concernant le RSA, accusé de favoriser l’insertion à tout prix, et qui m’amènent à me poser cette question grossière : si l’ESS s’inscrit dans une logique de développement durable, ne risque-t-elle pas d’être également instrumentalisée comme pourvoyeur d’emplois de « seconde catégorie » ?
J’ignore dans quelle mesure les promoteurs de l’économie sociale et solidaire se préoccupent de ces risques d’abus et des craintes (fantasmes?) afférentes que peut susciter la croissance de leur secteur… et l’intérêt des pouvoirs publics pour cette dernière. Mais en ce qui me concerne, le fait de pouvoir accéder à des données larges et approfondies me semble très important pour affiner toutes les analyses, des plus enthousiastes aux plus sceptiques !
Je vais donc consulter cet atlas pour m’informer dans un premier temps (sur la répartition de l’emploi temps complet/temps partiel dans les coopératives et l’ESS par exemple…). En espérant que les acteurs qualifiés sauront en faire un outil d’étude et de pilotage à la hauteur des attentes suscitées par l’ESS.
D'ici là, merci d'avoir relayé et décrypté cette initiative...