Article publié le 09/01/09 par MyCoop
Passe la chèvre à ton voisin
[Planète Terra]
Des cris, des chants, le village est à la fête malgré l’heure tardive. Les habitants de Shimabala, situé à 100 kilomètres de Lusaka, la capitale de la Zambie, viennent de réserver un accueil digne d’un chef d’Etat à la centaine de petites chèvres blanches fraîchement débarquées d’avion.
Le directeur d’Heifer France raconte bien volontiers des dizaines de scènes semblables à celle-ci. Retour en 1994. Au cours d’un voyage en Chine, André Decoster découvre au milieu de nulle part un cheptel de 25 000 chèvres... Explication des villageois : en 1977 l’association Heifer International leur en a apporté 100. Le principe du "passage du don" - une naissance vaut un don à une famille voisine durant la première année - a fait le reste.
Fort de son expérience d’ingénieur agronome - il fut éleveur dans l’Allier pendant dix ans - André Decoster créé l’Aïdec et envoie ses premières chèvres au Kosovo en 1999. Fin 2001, Heifer International lui propose d’intégrer le réseau. Ce qu’il ne regrette pas : "Je reste libre de mes actions alors que 80 % des charges de fonctionnement - quatre salaires, les frais de communication, etc. - sont pris en charge par les Etats-Unis. Cette situation permet d’affecter directement les dons à l’action sur le terrain". L’argent provient des particuliers, des entreprises de la région et prochainement du fonds commun de placement créé en partenariat avec le Crédit Agricole Nord.
De l’élevage au fromage
"Je n’aime pas forcément le terme "humanitaire" car nous ne travaillons pas dans l’urgence. Notre action s’inscrit dans une perspective de développement durable", précise André Decoster.
Les chèvres assurent aux familles une alimentation plus équilibrée (lait, viande, fromage), des revenus et une chance de devenir acteurs du développement local. Au-delà du Kosovo, l’influence d’Heifer France s’est étendue en Albanie, en Zambie, au Togo et au Bénin. Et cette année, l’association lilloise lance un nouveau programme au sud de Marrakech (Maroc).
Quand c’est nécessaire, des techniciens sont formés en France. De même, quand c’est possible, Heifer France privilégie le cheptel d’origine ou des pays voisins. Quitte à améliorer la race par des croisements, la chèvre française produisant jusqu’à 8 fois plus de lait
qu’une chèvre de l’Est.
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