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Article publié le 05/01/09 par MyCoop

Qu'est-ce que la médiation animale?

[Ecolo Info]

Aujourd’hui j’ai le plaisir de vous présenter un joli projet lié à la médiation animale. Ce type de pratique n’est pas très connu et mérite pourtant d’être mis en avant tant les interactions de la relation homme-animal peuvent être positives pour les bénéficiaires de la médiation. C’est pourquoi nous avons demandé à Sandie Belair, fondatrice de l’association Résilienfance, à Bordeaux, de nous parler de sa démarche !

Bonjour Sandie ! Alors, pouvez vous nous expliquer en quelques mots le projet Resilienfance ?

Résilienfance est une association d’aide à l’enfance par la médiation animale. Nous proposons des Activités Associant l’Animal à des enfants ou des adolescents en mal-être ou issus de milieux défavorisés. Ces activités ont une vocation sociale, éducative ou thérapeutique en fonction des problématiques des bénéficiaires. Nous proposons également dans le cadre de l’accompagnement à la parentalité, des journées familles.

La médiation animale est la recherche des interactions positives issues de la mise en relation homme-animal. L’animal n’est pas “l’éducateur” ou “le thérapeute”, il n’a jamais eu l’intention d’éduquer ou de soigner et c’est ce qui fait toute sa richesse. Il est le médiateur vivant de la relation intervenant et bénéficiaire.

Est-il facile de faire travailler les enfants et les animaux ? C’est de l’organisation non ?!

Le travail avec les enfants et les animaux n’est pas le plus difficile, c’est certainement le plus passionnant et le plus motivant. L’animal est un être qui ne juge pas, ne trahit pas et qui ne renvoie pas l’enfant à ses propres difficultés. Il est donc un partenaire idéal. Les enfants apprécient cette présence et se sentent en confiance ; on observe des comportements très spontanés qui nous permettent de travailler sur les relations dites élémentaires (confiance, réciprocité, peur…).

Il faut bien entendu que les animaux utilisés aient un profil comportemental équilibré et stable. Ils sont correctement socialisés ; ils bénéficient d’un suivi sanitaire et hygiénique. L’association est très vigilante au bien-être, au comportement et à la santé des animaux avec lesquels elle travaille. Ils ne doivent pas être considérés comme des objets mais comme des partenaires dont les particularités doivent être respectées. Les interventions sont organisées en fonction des limites comportementales et physiques de l’animal. Nous travaillons actuellement avec les ânes, poneys, chevaux et chiens.

A mon sens, le plus difficile concerne l’élaboration des projets et la mise en relation de tous nos partenaires. Et là, effectivement c’est une sacrée organisation et une bonne dose de sang froid auxquelles il faut ajouter de grandes capacités d’adaptation!!

Nous n’avons pas de lieu d’accueil précis, c’est d’ailleurs ce qui fait aussi notre spécificité. Pour les ateliers avec le chien, nous nous rendons sur la structure où se trouvent les enfants et pour les ateliers avec les chevaux ou les ânes,  nous allons dans des centres équestres partenaires ou des fermes municipales qui sont souvent au cœur des quartiers !

Le point positif : le psy est vu autrement !


Comment évaluez vous les résultats et les effets sur les enfants ? Est-ce un travail de fond ou les effets sont-ils visibles rapidement ?

Nous sommes aujourd’hui dans “une société de l’évaluation”, et notre travail est également soumis à cette évaluation.

Les effets sont visibles plus ou moins rapidement en fonction des enfants. Chaque enfant est différent et il est difficile de généraliser.

Nous soulignons cependant à chaque fois la nécessité de mener des projets sur du long terme et de manière régulière (au moins chaque semaine sur une année scolaire) et non de façon ponctuelle. Notre travail n’est pas “une baguette magique” et il faut laisser le temps au temps. D’autant plus que pour obtenir des effets positifs, il faut que le lien d’attachement avec l’animal et les intervenants se soient instaurés. Ce lien va ainsi générer une sécurité affective propice à une amélioration.

Afin de rendre compte des effets de notre travail, nous avons élaboré des grilles d’observations que nous remplissons pour chaque enfant au début, au milieu et à la fin du projet. Ces grilles sont basées sur les travaux du Professeur Hubert MONTAGNER* et mettent en avant des indicateurs comportementaux relatives aux compétences socles.

Ces compétences, au nombre de cinq, sont les bases d’un développement harmonieux. Il s’agit de l’élan à l’interaction, des comportements affiliatifs, de l’organisation structurée du geste, de l’attention visuelle soutenue et de la capacité à reproduire et à imiter.

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