Article publié le 10/07/10 par MyCoop
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Qu'est-ce qui motive les salariés du secteur associatif ?
[Alternatives Economiques]
Les valeurs défendues par les associations sont la principale motivation de leurs salariés. Qui fournissent un effort au travail plus élevé pour un salaire moindre que leurs homologues du privé, tout en en tirant davantage de satisfactions.
Les salariés du secteur associatif sont-ils particulièrement stakhanovistes ? Non seulement ils gagnent moins bien leur vie que dans le privé, mais en plus ils ne ménagent pas leurs efforts… L'économiste Mathieu Narcy, de l'université de Créteil, a cherché à savoir ce qui les motivait. Ses recherches visent en effet à déterminer si les salariés des associations sont davantage motivés « intrinsèquement » que leurs homologues du privé, sachant que la motivation intrinsèque « ne dépend pas du versement de récompenses monétaires mais résulte de la participation du salarié à une activité à laquelle il accorde de la valeur » [1].
Selon lui, les 150 000 associations employeuses recensées en France, qui comptent près de 1,8 million de salariés, se distinguent du secteur privé lucratif par deux spécificités : « une contrainte de non-distribution du profit censée être garante d'une gestion désintéressée », ainsi que « la production de biens et services sociaux ». Deux spécificités qui leur permettraient d'attirer des profils de travailleurs sensiblement différents de ceux qui se tournent vers le privé.
Mathieu Narcy a cherché à tester empiriquement cette hypothèse en analysant les différences de salaire et d'effort au travail entre salariés du secteur associatif et du secteur privé lucratif. Tout d'abord, le chercheur a montré qu'en choisissant de travailler volontairement pour une association, ces salariés acceptent en moyenne des salaires 13,8 % plus faibles que ceux qu'ils auraient pu percevoir dans une entreprise classique. « De plus, ce sacrifice salarial ne s'accompagne pas par un effort au travail plus faible de la part des salariés du secteur associatif. Au contraire, il semble que ces derniers produisent un effort au travail plus élevé que celui qu'ils auraient fourni s'ils avaient travaillé au sein du secteur privé », ajoute Mathieu Narcy. Ces deux éléments - don de salaire et don d'effort - permettent donc d'affirmer que les salariés de l'associatif sont bien plus intrinsèquement motivés que leurs homologues du privé.
Des valeurs mobilisatrices
Mais ce n'est pas tout : plus motivés, les salariés du secteur associatif sont également plus satisfaits de leur emploi. Et cela grâce à la plus grande autonomie dont ils disposent, au caractère moins répétitif de leurs tâches, ainsi qu'à la facilité qu'ils ont à mettre en pratique leurs idées dans leur travail. Résultat : « les salariés des associations souhaitent travailler plus longtemps que leurs homologues des entreprises privées et, pour les inciter à travailler une heure supplémentaire, la compensation salariale qu'ils exigent est moindre », estime Mathieu Narcy.
Marion Damiane, apprentie à la délégation du Val-de-Marne de l'Association des paralysés de France, se reconnaît assez bien dans la description faite par le chercheur : « Ma première motivation, ce sont les valeurs que défend l'association. On ne choisit pas le secteur associatif par hasard ! » Au-delà de la portée sociale de son travail, elle apprécie d'être sur le terrain, ce qui lui permet de constater l'impact de ses actions. Enfin, en tant qu'apprentie, on lui a confié un poste à responsabilités : elle est en charge de la gestion du réseau de bénévoles dans tout son département. « L'avantage du secteur associatif est qu'il propose de l'autonomie et des postes à responsabilités pour...lire la suite sur le site d'Alternatives Economiques
(1) L'étude de Mathieu Narcy est disponible sur www2.univ-mlv.fr/ecosoc/fichier/Narcy_Puf-1.pdf
Source : Alternatives Economiques
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