Article publié le 12/05/10 par MyCoop
Reyclage et réemploi, l'économie solidaire veut maintenir ses positions
[Tessolidaire]
Le recyclage et le réemploi sont depuis longtemps des supports pour l'insertion et l'économie solidaire. Devant le succès des entreprises qui se sont engagées dans ces créneaux et en raison de contraintes règlementaires plus fortes, les grandes entreprises du secteur des déchets font irruption sur la scène, de même que les réussites dans le commerce équitable ou les transports doux donnent des idées au privé.
Pour réaffirmer les valeurs des entreprises de l'économie sociale et solidaire, les Altermardis ont organisé fin mars une de leurs sessions Parlons Solutions, sur le thème : Déchets, recyclage et réemploi, quand les structures de l'ESS innovent. En effet, a expliqué Nicolas Mat, de l'association Auxilia, l'ESS est innovante sur les trois piliers. Le social, en créant de nouveaux métiers propices à l'insertion et de nouveaux emplois tout courts. L'économique, en imaginant de nouvelles filières et de nouveaux process industriels. Et le pilier environnemental bien sûr, en s'efforçant d'éviter les pollutions.
Parmi les pionniers, le Relais est ainsi passé de la simple collecte de vêtements à l'innovation technologique, avec Metisse, un isolant issu du recyclage textile. Actuellement, le recyclage textile est assuré aux deux tiers par des entreprises sociales, contre un tiers au privé lucratif. Des proportions qu'aimeraient bien garder celles du DEEE (déchets d'équipements électriques et électroniques) comme le réseau Envie, Ecodair, Juratri ou Arès. Il n'y a que 2 % des DEEE qui sont recyclés, a rappelé Hélène Bourges, du Cniid ; ces déchets attirent les convoitises... Les participants à cet Altermardi ont aussi insisté sur le besoin de développer les filières de réemploi, plus efficaces que la simple destruction, mais aussi que le recyclage, sur des objectifs environnementaux. Frédéric Vuillod, adjoint au maire du XIVe en charge de l'ESS, souhaite ainsi augmenter le nombre de recycleries-ressourceries à Paris : il en existe une célèbre, l'Interloque (et un millier d'emplois en France). Le Conseil régional Ile-de-France a récemment annoncé un plan de développement des recycleries. Il faut dire que les incitations légales sont de plus en plus vives, notamment au travers du Grenelle de l'environnement. Pour les entreprises et pour les collectivités, le coût d'enlèvement est déjà plus élevé quand les déchets partent dans un circuit de destruction, plutôt que de reyclage. Il en sera bientôt de même pour les particuliers. Le Monde du 30 mars a rapporté l'expérimentation qui leur applique à Besançon le principe pollueur-payeur : plus je produis de déchets, plus je suis taxé. On le voit, les entreprises de l'ESS vont avoir affaire dans les prochains mois à de nouveaux entrants sur le marché, qui n'auront peut-être pas le même comportement éthique. En contrepoint des débats, le cabinet Tic Ethic a rappelé que l'insertion ne se limitait pas au secteur des déchets et qu'il fallait éviter d'assimiler l'un à l'autre.
Source : www.tessolidaire.com
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