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Article publié le 29/10/09 par MyCoop

USIS entreprise : un succès macroSCOPique

[Laure Capblancq pour Mycoop]

Rachetée par ses salariés en 2003, Usis est aujourd’hui une Scop florissante qui a su s’imposer dans le secteur de l’usinage et chaudronnerie lourde. Retour sur une histoire pleine de rebondissements et de succès…

L’histoire d’Usis, c’est une trame à la Ken Loach, mais avec un dénouement heureux. Elle commence en 1986 à Arles, dans les ateliers Plisson, entreprise familiale spécialisée dans la chaudronnerie et l’usinage de pièces sur mesure pour des industries. En 2000, la société connaît des difficultés. Rachetée et rebaptisée Usis SA, son activité va de mal en pis.  L’entreprise dépose le bilan en décembre 2003.

Mathieu Odaimy, actuel gérant d’Usis, est alors directeur de production depuis 1 an. Comme une vingtaine de collègues motivés, il croît aux potentialités de l’entreprise. Ensemble, ils décident de reprendre Usis. « On a tapé sur Internet « racheter une boîte pour 1 euro symbolique ». On est tombé sur le site des Scop : c’était exactement ce qu’on cherchait, un statut permettant aux salariés de devenir collectivement propriétaires de leur outil de travail. On a tout de suite rencontré l’antenne régionale, qui nous a apporté ses conseils et son réseau. »

L’équipe a trois jours pour présenter son offre au tribunal. En un week-end, le dossier est monté. Grâce aux outils financiers développés par les Scop, Socoden**  et Pargest**, ils parviennent à réunir les capitaux propres et le fonds de roulement nécessaires. Et puis ils rencontrent le Crédit Coopératif. « Ils nous ont immédiatement donné une réponse de principe pour un prêt de 75 000 euros : ça a été déterminant. »  Le jour J, les 18 salariés présentent leur offre au tribunal… qui la juge insuffisante. Mais comme dans tout bon film, le hasard va leur prêter main forte : des pluies diluviennes inondent les hangars d’Usis. Toutes les machines sont hors service, l’offre des ex-collaborateurs prend une autre dimension : elle emporte l’adhésion.

La suite est presque un conte de fées. « Le premier jour, on est entré en barque pour réparer les machines. Les commandes nous garantissaient à peine 2 semaines de travail » se souvient Mathieu Odaimy. Cinq ans plus tard, la Scop enregistre une croissance annuelle de 20 à 23 %, obtient des résultats 7 à 10 fois supérieurs aux entreprises du secteur et emploie 45 salariés, dont 27 sont sociétaires.  Sa dynamique est confirmée par des labels de qualité et autres récompenses : 1er prix Créa 13 en 2008, 1er prix Eurocopter...

La clé de cette réussite ? « Une équipe au top ! », s’exclame Mathieu Odaimy. « Être une Scop, cela signifie communiquer : impossible de lancer un projet sans que tout le monde soit convaincu. C’est aussi beaucoup de formations pour développer de nouvelles compétences. » Car Usis va de l’avant : en 2008, la coopérative a acheté de nouveaux locaux pour accueillir son activité accrue. 3,6 millions d’euros d’investissements, prêtés pour moitié par le Crédit Coopératif. « Depuis 6 ans, nous n’avons jamais eu l’impression de parler à un financier. C’est un partenaire, qui comprend nos contraintes et s’intéresse à notre avenir. » Un avenir que l’on n’imagine pas autrement qu’en happy end… 


**Socoden : société financière qui finance les créations de Scop par apport en fonds de roulement  – Pargest : intervention en fonds propres et quasi fonds propres

In Proches 21 magazine des sociétaires du Crédit Coopératif

Visuel : http://www.flickr.com/photos/17258892@N05/2588347668/

 

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