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Article publié le 19/01/09 par MyCoop

Vivre pauvres plus longtemps

[Alternatives Economiques]

La question des retraites paraît bien éloignée de l’insertion sociale et de l’exclusion. Pourtant, au vu des réformes du régime de retraite d’un côté, et de la quasi-absence de négociations entre partenaires sociaux sur des questions essentielles de l’autre, les deux thématiques pourraient bien se rejoindre. Les questions essentielles sont l’emploi des « seniors » (plus de 55 ans), la prise en compte de la pénibilité du travail, et l’organisation de la mobilité professionnelle (des seniors).

Sur tous ces points, les négociations sociales sont au point mort, pendant que l’Etat continue lui de dérouler son programme de réforme, reposant essentiellement sur l’allongement de la durée de cotisations. Les effets de ces mesures sur les futurs retraités, constitués des générations actuelles de salariés, entrés plus tard sur le marché du travail, paraissent en l’état actuel très négatifs, surtout pour ceux qui auront connu des interruptions de carrière et le travail précaire.

Cacophonie la plus totale

2008 était une année de renégociation de la réforme des retraites, comme convenu dans la réforme Fillon de 2003, qui prévoyait une négociation tous les 5 ans. La renégociation périodique devait permettre de tenir compte de l’évolution de la situation économique, notamment de l’emploi, dans l’ajustement des paramètres déterminant l’équilibre des caisses (durée et taux de cotisation).

Les enjeux de 2008 étaient donc la durée de cotisation, la revalorisation des retraites, et les chantiers engagés par la réforme de 2003 : emploi des seniors, pénibilité. Or sur ces sujets, la cacophonie la plus totale existe, desservant un véritable compromis que pourrait nouer les partenaires sociaux dans l’intérêt des salariés. A la place, ce qu’on observe de fait est l’imposition par l’Etat d’une ligne de réforme aux effets implacables.

Le gouvernement a en effet annoncé aux syndicats une série de mesures présentées comme non négociables. Ainsi en est-il du passage à 41 annuités de cotisation. Les syndicats ont pourtant unanimement déclaré leur opposition, contrairement à 2003 où la CFDT et la CGC avaient soutenu la réforme.

Les déclarations du ministre du travail, assurant que l’Etat n’aurait pas besoin de prendre un décret pour le passage à 41 ans, car cette mesure serait déjà inscrite dans la loi de 2003, renforcent l’idée, si besoin était, que la « négociation » se réduit à une peau de chagrin.

Le gouvernement a déroulé sa réforme des retraites sur d’autres points, qui, s’ils sont positifs et reçoivent l’assentiment des syndicats, n’ont fait également l’objet d’aucune concertation : une meilleure indexation des retraites sur l’inflation (revalorisation annuelle en avril pour tenir compte de l’inflation réelle), une augmentation du minimum vieillesse de 25 % d’ici 2012, un objectif de pension à 85 % du SMIC net pour le salariés ayant eu une carrière complète au SMIC.

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(cc) .craig

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