Article publié le 06/08/09 par MyCoop
"CooPropriété" : le logement écolo, participatif et démocratique
[Reporters d'Espoirs pour MyCoop]
Et si Le Corbusier avait raison ? Et si on pouvait vivre heureux ensemble dans des logements pas chers ? Pas question pourtant d’ériger une "cité radieuse" dans tous les coins de France. Il suffirait simplement de (re)découvrir l’habitat coopératif.
Né dans les années 1970, il a fait de l’habitat une pratique solidaire. A la base, un principe simple : dans chaque coopérative, les membres sont propriétaires collectivement d’un bâtiment dont ils louent les appartements individuellement. "Les foyers versent une mensualité à la coopérative correspondant au coût réel du logement qu’ils habitent", explique Renato Rizzo, coordinateur d’une coopérative d’habitat italienne. Cela permet à la coopérative de rembourser l’emprunt fait pour racheter ou construire l’immeuble. Le tout dans un climat participatif où chaque décision se prend lors d’assemblées démocratiques ouvertes à tous les membres de la coopérative.
Un modèle qui a fait ses preuves
Sentiment d’appartenance, partage des espaces, relations sincères avec le voisinage, les raisons de préférer une telle forme d'habitat sont nombreuses. La plus importante est sans doute celle-ci : le propriétaire des logements étant la coopérative, celle-ci ne cherche pas à faire des profits ; ainsi, lorsqu'un coopérateur quitte son logement, il revend ses parts sociales (qu'il a achetées petit à petit, en versant un loyer à la coopérative) et celles-ci sont reprises par le futur occupant de l'appartement, au même prix. Ce qui met les logements à l'abri de la spéculation. L’habitat coopératif serait-il donc une réponse à l’actuelle crise du logement ? Plusieurs pays européens en sont convaincus. En Suisse, par exemple, ce type d’habitat représente 8 % des logements grâce aux 130 000 coopératives d’habitat existantes. L’une des plus importantes de Suisse romande, la CoDHA (Coopérative d’habitat associatif), est active depuis 1994 et compte aujourd’hui 700 adhérents. Membre de l’Association suisse pour l’habitat (ASH), elle se distingue par une attention toute particulière aux aspects environnementaux dans la gestion et construction de ses immeubles. D’un côté, maitrise énergétique et matériaux écologiques pour réduire la consommation. De l’autre, recours à des sources renouvelables pour la production de sa propre énergie. Résultat : deux immeubles de la coopérative produisent déjà un tiers de leur consommation.
Autre pays séduit par la démarche : l’Italie. Là-bas, l’auto-récupération, nouvelle tendance dans l’habitat coopératif, fait ses premiers pas dans la ville de Rome. L’idée : faire collaborer coopératives d’habitat et collectivités locales pour transformer des immeubles abandonnés en habitats coopératifs et les intégrer au parc HLM public. "Au final, tout coûts additionnés, il apparaît que l’écart entre auto-récupération et réhabilitation classique est d'1 M€ environ pour cent cinquante logements créés, assure Jean-Victor Michel, élève ingénieur à l’Ecole nationale des travaux publics de l'Etat (ENTPE) de Lyon, dans l’ouvrage de Yann Maury, Les coopératives d’habitants. Méthodes pratiques et formes d’un autre habitat populaire (éd. Bruylant). Ce qui correspond à une économie d’environ 10 % ". Sous l’impulsion d’une loi régionale de 1998, neuf chantiers d’auto-récupération ont été lancés à Rome : si aucun d’entre eux n’est encore terminé, l’exemple est donné.
Et en France ?
Dans l’Hexagone, il faut avouer un certain retard dans le domaine, justifié par les spécificités de la politique nationale du logement. "En France, l’accès à la propriété a toujours été favorisé, alors même que les Français pouvaient compter sur un parc de logements sociaux historiquement développé, bien qu’insuffisant" affirme Bertille Darragon, coordinatrice de l’association lyonnaise Habicoop. Créée en 2005 avec le soutien des collectivités territoriales de la région, Habicoop accompagne les coopératives d’habitat qui veulent se lancer et milite pour des mesures législatives en faveur des coopérants. Grâce à son soutien, trois projets coopératifs aux alentours de Lyon devraient voir le jour à partir de 2011.
Contact
Bertille Darragon, coordinatrice de l’association Habicoop, + 33 4 72 36 28 93, www.habicoop.fr
Anne Labarthe, permanente de la coopérative de l’habitat associatif : + 41 22 740 32 91, www.codha.ch
Renato Rizzo, coordinateur de la coopérative Vivere 2000, +39 06 47 45 711, www.unioneinquilini.it
Andrea Paracchini (Agence d'informations Reporters d'Espoirs)





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