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Article publié le 28/07/09 par MyCoop

Soirée MyCoop: Quel mode de financement pour la création culturelle à l'heure du web 2.0

[Déli Royo pour MyCoop]

La création culturelle, comme toute autre création nécessite d’être financée afin d’être réalisée. En effet, une pièce de théâtre, un film, une sculpture, un CD, ne peuvent être réalisés sans financement aussi minime soit-il, et encore moins avoir une exposition médiatique. Ce financement repose principalement sur des structures établies (associations, maisons de disques, F.R.A.C. etc.) à l’heure actuelle.

Pourtant, des initiatives voient le jour sur internet et proposent de nouveaux modèles de financement pour la création culturelle, dont quelques unes ont été présentées lors de la dernière soirée MyCoop animée par Jean-Pierre Mongarny du Crédit Coopératif.

De la coproduction audiovisuelle, à la création d’un réseau des professionnels de la création culturelle, en passant par la proposition de solutions techniques pour une levée de fonds sur internet, la mise en relation entre artistes et mécènes potentiels ou encore la médiation entre artistes et citoyens autour de questions de sociétés. Voilà le panorama que proposait la dernière soirée MyCoop des modes de financement de la création artistique sur le Web :

- Touscoprod permet à tout à chacun d’apporter sa contribution à la réalisation d’un projet audiovisuel (documentaire, long-métrage, court-métrage, film d’animation, etc.) et de devenir coproducteur de ce dernier avec un intéressement au succès du film à hauteur de ce qui à été investi (minimum 10euros). La somme maximum pouvant être investie par l’ensemble des coprods est de 150 000 euros, le site n’étant pas encore en mesure de permettre un financement plus important.

- KinoRézo est un réseau social réservé aux professionnels de la création culturelle. Elaboré sur le modèle de plateformes telles que Linkedin ou Viadeo, certaines fonctionnalités du site sont payantes. KinoRézo permet un travail en « mode projet » en favorisant l’échange d’information, comme par exemple des propositions de scénarios à des réalisateur ou producteurs ; des projets en théâtre ou cinéma pour des acteurs, etc. De plus, des jobs dating sont organisés par KinoRézo au moment de festivals ou autres évènements du secteur favorisant ainsi les contacts directs, en dehors de la sphère internet.

- Izi-Collecte propose des solutions informatisées pour la collecte de dons ou encore la gestion des cotisations pour les petites et moyennes associations. D’abord élaboré dans l’esprit de servir aux projets de solidarité, il s’est peu à peu ouvert à d’autres secteurs comme par exemple la culture. Des dons en ligne sont également possibles sur le site, faisant ainsi appel à la communauté d’internautes pour la réalisation de projets. Par exemple, Izi-Collecte a permis la création d’un musée Mime Marceau en rassemblant 10 000 euros qui ont servi à l’achat d’objets ayant appartenus au Mime.

- MonArtiste est un site qui en est encore au stade du projet. Son objectif est de favoriser le mécénat à destination d’artistes encore peu connus et qui de ce fait ne trouvent pas les financements nécessaires à la réalisation de leurs projets de sculpture, photographies, toiles, etc. Véritable plateforme d’intermédiation, Monartiste souhaite réinventer le mode de financement des artistes, puisque mécènes et artistes seraient amenés à co-construire la rétribution faite en contrepartie du financement apporté (miniature d’une sculpture, invitations à des expositions, etc.).

- 3-ca  est une association qui agit en dehors de la sphère internet. Financée par la Fondation de France elle a pour mission la médiation en art contemporain, c'est-à-dire mettre en relation des collectivités locales ou des groupes de citoyens avec des artistes reconnus. Chaque citoyen devient ainsi un possible commanditaire d’œuvres d’art, à charge ensuite aux 8 médiateurs de 3-ca de trouver et convaincre l’artiste de travailler au projet et de faire accepter le choix de l’artiste aux commanditaires. Une telle médiation a par exemple permis la restauration de la Chapelle des charcutiers à l’Eglise Saint Eustache, après son incendie. Cette initiative est un exemple intéressant de coopération artiste-citoyen, signe que ces derniers ont envie de prendre en main la question du culturel.

Dans un secteur culturel en recherche de nouvelles sources de financements, internet est un vecteur de cocréation et de coproduction susceptible de prendre une place de plus en plus importante. Si, aux dires même de certaines des personnes à l’origine de ces initiatives, cette source de financement ne devrait à court termes n’être qu'un complément au modèle existant, il y a fort à parier que dans un avenir plus ou moins proche ils puissent constituer un nouveau modèle de financement de la création culturelle. Et dès maintenant, il nous semble évident que ces initiatives favorisent une certaine diversité dans la création artistique, permettant à des projets nouveaux de se réaliser et fédérant des communautés autour de certains projets (par exemple sur Touscoprod, la communauté bretonne a fortement soutenu la coproduction d’un film breton).



Toutefois, et les émissions de télé-réalité telles que la Star Académie en sont le parfait exemple, le rôle du public devient de plus en plus important dans le choix des artistes soutenus. En effet, avec de tels mécanismes l’artiste s’entoure de fait d’une communauté de fans sécurisant ainsi l’investissement fait sur lui. Dès lors éclosent ceux qui sont capables de fédérer autour d’eux, au détriment d’autres artistes dont les réalisations sont moins grand public. C’est là l’un des principaux écueils de ce modèle de financement, pouvant créer une « dépendance dans la commande » et allant donc à l’inverse de ce qu’il permet aujourd’hui, à savoir le maintien d’une diversité dans la création culturelle.

CC: Paulo Brandao; El Alma del Ebro, août 2008

 
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