Article publié le 19/06/09 par MyCoop
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Le Microcrédit Peer to Peer
[Déli Royo pour MyCoop]
Parmi les sites qui proposent aux internautes de financer, par le microcrédit, des entrepreneurs du « sud » on trouve Babyloan. Comment cela fonctionne-t-il ? Babyloan rend ce financement possible grâce aux partenariats qu’il noue avec diverses Institutions de Micro Finance (IMF) telles qu’Oxus par exemple.
Le système mis en place est complexe car ce ne sont pas directement les projets mis en ligne que le donateur finance via Babyloan, mais l’IMF qui a accordé le prêt préalablement. Ce système permet une meilleure circulation des flux d’argent et garantit l’attribution d’un prêt à ceux qui le nécessitent. Le mécanisme repose sur la confiance et les contrôles mis en place par Babyloan afin de s’assurer que les sommes versées par les donateurs via leur site sont bien affectées, même de manière indirecte, aux bénéficiaires désignés et ne viennent pas au contraire permettre le versement de salaires ou autres dépenses inhérentes au fonctionnement d’une IMF.
Mais le microcrédit n’est pas uniquement destiné à des populations de pays du « Sud ». Depuis plus de 20 ans l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Economique) propose des microcrédits, en France, à des personnes souhaitant démarrer une activité ou en relancer une déjà existante. En plus de l’aide financière, c’est un ensemble de services qui est proposé par l’ADIE aux bénéficiaires de ses microcrédits (accompagnement, formations, etc.) afin que leur activité soit la plus pérenne possible.
Ces initiatives ainsi que l’avènement de nouvelles possibilités avec le web 2.0, suggère à Jean-Christophe Capelli (co-fondateur de FriendsClear : prêt entre amis) la création de plateformes permettant de se prêter et emprunter de l’argent entre particuliers, directement, sans faire appel à un intermédiaire professionnel de la finance (Banque ; IMF ; etc.).
Actuellement un tel site ne peut voir le jour, notamment au regard de la législation en vigueur en France. Mais la mise en place d’un tel site pose la question de la confiance nécessaire à de tels prêts. En effet, les risques de défauts de paiement, de mauvaise évaluation de la viabilité d’un projet ou encore les possibilités d’escroqueries sont autant de brèches dans la confiance que l’internaute pourrait avoir en prêtant son argent à un pair.
Comment pallier les risques liés aux défauts de paiements, que les banques et organismes financiers prennent en compte dans l’octroi de leurs crédits et savent donc gérer. Tout le monde peut-il devenir banquier et procéder à une analyse complète du ou des projets qu’il choisira de financer ? Quels critères de confiance pourront être utilisés sur une telle plateforme (exemple des notes sur EBay) ? Comment construire son identité numérique sans que cela relève du « fichage »?
Voilà les questions importantes auxquels les participants, dont Maria Nowak (de l'ADIE), Arnaud Poissonier (de Babyloan), Sophie Vincent (d'Oxus) et Erwan Audouit (du Crédit Coopératif), ont tenté de répondre lors de la dernière soirée MyCoop, organisée le 9 juin 2009. Si internet semble permettre plus de fluidité entre prêteurs et emprunteurs, il reste des compétences et des garanties que seuls les organismes financiers peuvent aujourd’hui porter. Les réponses viendront certainement avec les évolutions aussi bien sociales que réglementaires ou techniques, dont il est encore difficile de prévoir la forme. Sans compter que de telles évolutions pourraient donner lieu à une réactualisation des rôles: une communauté d’internautes participant à la notation (au scoring) de ses membres ? Des organismes jouant un rôle dans l’accompagnement des projets (exemple de l’ADIE) ? Les banques dans un rôle de garants afin de sécuriser les échanges ?

La réactualisation des rôles pour les différents acteurs revêt des formes variées, le débat reste donc ouvert. C’est pourquoi les questions que l’on peut se poser, les projets qui peuvent être imaginés, trouvent bien évidemment toute leur place sur MyCoop.coop « Réseau des acteurs de l’économie humaine ».
CC : Nino Barbieri ; Wallet With Euros, janvier 2004
Commentaires
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