Article publié le 17/10/11 par MyCoop
nb de commentaires: 3
Soirée MyCoop - Banque et Confiance : Comment s’engager ensemble pour un monde plus juste ?
[MYCOOP]
Ce mercredi 12 octobre, la Maison des Métallos a accueilli une Soirée Mycoop. Le réseau internet des acteurs de l’économie humaine créé et animé par le Crédit Coopératif il y a déjà 3 ans. Cette soirée s’intégrait dans un grand débat autour de la 31ème Rencontre Nationale du Crédit Coopératif. Débat qui a lieu depuis quelques jours dans les médias sociaux et le site du Crédit Coopératif et qui permet ainsi aux internautes d’entrer dans le débat, de poser des questions, d’interpeller les intervenants qui seront réunis le 20 octobre…
Le thème de ce débat Mycoop était vaste, ouvert et terriblement d’actualité, jugez-en plutôt : « Banque et confiance : comment s’engager ensemble pour un monde plus juste ? »
Pour débattre, Mycoop avait invité 3 intervenants : Jean-Louis Bancel, président du Crédit Coopératif ; Jacques-François Marchandise, chercheur, enseignant et directeur du développement de la Fondation Internet Nouvelle Génération (la FING) et Claude Gruffat, président du groupe Biocoop qui fédère plus de 320 magasins en France.
Une soixantaine de personnes étaient présentes pour interagir avec les invités de cette soirée. L’échange fut riche et constructif. Vous pouvez retrouver l’intégralité de cette soirée en vidéo, mais aussi la retranscription écrite agrémentée des différents live tweets qui permettra de revivre les débats.
Pour démarrer, Jean-Louis Bancel a rappelé le rôle du banquier, l’importance de la transparence « la confiance se mérite, se gagne sur la durée et peut se perdre très rapidement ». Les questions de la salle tournèrent principalement autour de la notion du secret bancaire, du rôle des agences de notation mais aussi des initiatives innovantes pour développer une relation différente avec son banquier. Pour lui, « le banquier doit expliquer, faire de la pédagogie et revenir à son métier de base qui est de faire circuler utilement l’argent et la transparence c’est aussi considérer les gens comme des adultes avec un minimum de responsabilisation accompagné de pédagogie. ». D’ailleurs, il déclare « Je suis de ceux qui se battraient pour respecter le secret bancaire, c’est notre devoir le plus absolu, je ne peux m’affranchir de cette confiance minimum que nous donne nos clients».
Le chercheur Jacques-François Marchandise est revenu en préambule sur la racine du terme « confiance » et parle de faux ami. En effet pour créer les conditions de la confiance, on pense souvent sécurité, verrous, formulaires, proxys, firewalls… ce qui a pour effet de générer de l’inquiétude. Il a constaté que les acteurs de la confiance d’hier ne sont plus les mêmes aujourd’hui. La confiance horizontale (entre pairs) supplante la confiance verticale d’hier (envers les politiques, l’état, l’administration, les grandes marques, les enseignants, la presse). Nos semblables ont remplacé les autorités d’hier comme source d’information sûre.
Claude Gruffat s’est dit très attaché au territoire et à la proximité, la relation proche qui instaure la confiance et qui relie durablement. Tout au long de la soirée, il s’est dit également très attaché au statut de coopérative qui est intrinsèquement lié à un terroir, un territoire, qui n’est pas délocalisable, pas exportable, pas influencé par les humeurs de la Bourse de Chicago !
Pour le représentant de la FING, la crise de la confiance semble être une crise de la distance également. On touche du doigt la perte de l’humain dans la relation, le paradoxe des marques qui revendiquent « leur richesse dans la connaissance de leur client »… Richesse passant par l’industrialisation, la délocalisation, la mécanisation du lien.
La difficulté de faire simple est un thème abordé par le président de Biocoop en réponse à une question sur la transparence. « Quand le consommateur lit une étiquette avec des codes improbables et incompréhensibles, cela n’évoque pas chez lui un sentiment de confiance dans le produit. Nous chez Biocoop on met le nom du produit, son origine et la confiance est plus claire ».
Attention néanmoins avec l’excès de réglementation qui stimule le sentiment de défiance au lieu de rassurer le consommateur. Mais pour autant le cadre normatif d’une banque semble rassurer Jacques-François Marchandise quand il évoque les nouveaux acteurs de l’économie, les acteurs du numérique et de la téléphonie mobile par exemple, ceux qui ne sont pas soumis aux mêmes règlementations que la banque.
En réponse à une question, Jean-Louis Bancel parle de l’influence du client sur sa banque et sur l’utilisation qu’elle fait de son argent. Avec les produits de partage, ce sont par exemple 5 millions d’euros qui sont allés l’an passé à des structures associatives.
Ce billet ne serait pas complet sans retranscrire les mots de conclusion des 3 intervenants :
Pour JF Marchandise : « Ces histoires de crise de confiance sont salutaires. C’est le moment de réinventer des pistes, où tout est possible. Le choix d’une banque aujourd’hui est un acte important. C’est le bon moment pour réfléchir, innover et ne pas s’arrêter aux solutions d’hier. »
Claude Gruffat quant à lui revient sur l’importance de la proximité dans la confiance : « Des territoires naitront l’initiative parce que la confiance existe. L’émergence des monnaies alternatives locales, les nouvelles possibilités de payer, tout cela est très stimulant. »
Quant à Jean-Louis Bancel, pour lui « Il faut garder la volonté de rester constant dans ses convictions. Il faut rester humble et ne pas avoir de certitudes. On gagne la confiance sur la durée, mais on la perd très vite. Il faut rester une banque humaine et reconnaitre que l’échange et le relationnel n’est pas une perte de temps. Le banquier ne doit pas avoir honte de faire son métier. »
Ensemble, poursuivons cet échange autour de la confiance. Confiance dans la banque, confiance dans un projet commun pour faire société et aller de l’avant. Continuez à poser vos questions sur le site du Crédit Coopératif et à faire entendre votre voix à l’occasion de la Rencontre Nationale du 20 octobre.
Pour revivre la Soirée Mycoop, découvrez :
- Le reportage vidéo
- L'interview de Jacques-François Marchandise (FING)
- L'interview de Claude Gruffat (Biocoop)
- Les impressions des participants
Source : Eloi Choplin, animateur de la soirée Mycoop du 12 octobre 2011


Posté le 01/11/2011 par Goldorack
Conférence et échanges intéressants.
Il est dommage que seul le Crédit coopératif soit mis en avant (est-ce peut-être dû au fait que MyCoop est piloté par le Crédit coopératif ?)
D'autre part, je ne partage pas l'avis de Mr Bancel sur le secret bancaire... Une meilleure transparence est possible car c'est bien l'argent des épargnants qui est prêté (en grande partie ou sinon il faut aller sur les marchés financiers) aux entrepreneurs ??
D'autre part, il ne faut pas confondre charité (avec abandon des dons) et responsabilité.
Je connait qu'un seul acteur qui soit vertueux et qui progresse sur les liens entre emprunteurs et épargnants : La société financière La Nef (www.lanef.com).